Publié le 29 décembre 2025 à 08h50. Le groupe de défense du cyclisme propre, le MPCC, tire la sonnette d’alarme face à une « médicalisation croissante » du sport, pointant du doigt l’usage potentiellement dangereux d’opioïdes puissants et de cocktails médicamenteux pour améliorer les performances.
- Le MPCC exhorte l’UCI à agir contre l’utilisation de substances et de traitements médicaux non interdits mais éthiquement contestables.
- L’organisation s’inquiète particulièrement de la résurgence de pratiques anciennes, comme l’utilisation d’analgésiques en fin de course, ainsi que de l’usage du tapentadol, un opioïde dix fois plus puissant que le tramadol.
- Cette prise de position intervient alors que l’UCI renforce ses contrôles via les passeports biologiques des coureurs.
Le groupe antidopage MPCC (Mouvement pour le Cyclisme Propre) a lancé un appel pressant à l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour qu’elle réprime une tendance inquiétante : la « médicalisation » du cyclisme professionnel. Dans un communiqué de presse publié récemment, le MPCC exprime sa préoccupation face à l’utilisation croissante de médicaments, notamment l’opioïde tapentadol, et de combinaisons de produits chimiques destinés à masquer la douleur et à améliorer les performances.
« Le MPCC est de plus en plus préoccupé par l’utilisation excessive de médicaments dans le sport », peut-on lire dans le communiqué. L’organisation appelle l’UCI à prendre des mesures contre ce qu’elle qualifie de « zone grise », c’est-à-dire l’utilisation de substances et de traitements médicaux qui, bien que non interdits par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), soulèvent de sérieuses questions éthiques lorsqu’ils sont employés par des athlètes en bonne santé.
Cette nouvelle focalisation du MPCC sur la « médicalisation » survient après la publication par l’UCI d’une position controversée concernant les cétones. En octobre dernier, l’UCI a déconseillé aux coureurs l’utilisation de ces compléments nutritionnels, sans toutefois les interdire, une décision qui avait suscité la critique du MPCC.
Pour le MPCC, l’UCI ne peut plus se permettre de tergiverser face à ces nouveaux défis. L’organisation évoque notamment la réapparition de pratiques datant d’il y a plusieurs décennies, où les coureurs auraient recours à des analgésiques, de la caféine et d’autres substances pour tenir bon lors des derniers kilomètres d’une course – des fameuses « bouteilles de finition ».
Le MPCC s’inquiète également de l’utilisation du tapentadol, un analgésique beaucoup plus puissant que le tramadol, dont l’usage a été interdit en compétition par l’AMA après des années de lobbying de la part du MPCC.
« Les rumeurs concernant les ’bouteilles de finition’ refont surface dans le peloton. Plusieurs substances limites seraient mélangées et distribuées aux coureurs en préparation de la finale. Parallèlement, nous sommes confrontés à d’autres risques de dépendance avec des médicaments tels que le tapentadol, qui est jusqu’à 10 fois plus puissant que le tramadol. »
MPCC, communiqué de presse
L’UCI surveille déjà le tapentadol, mais le MPCC estime qu’il ne faut pas attendre les résultats d’analyses longues et complexes au risque de compromettre la santé des coureurs et d’augmenter le nombre d’accidents.
Cette prise de position intervient alors que l’UCI a récemment renforcé sa répression contre les athlètes présentant des anomalies dans leurs passeports biologiques. La suspension provisoire du coureur espagnol Oier Lazkano en octobre a marqué le début d’une série de sanctions.
Le MPCC appelle l’UCI à faire preuve de la même fermeté face à l’émergence de ces nouvelles « zones grises » dans un sport de plus en plus sophistiqué. « Le cyclisme a besoin que l’UCI agisse rapidement et de manière décisive pour protéger à la fois la crédibilité du sport et la santé du peloton – afin qu’aucun athlète ne se sente obligé d’accepter des produits douteux simplement pour suivre le rythme », conclut le communiqué.
Vélo a contacté le MPCC pour obtenir des commentaires supplémentaires, mais n’a pas reçu de réponse dans l’immédiat.
