Le Musée d’Art de la Fondation Luigi Rovati, un lieu hybride où l’art antique étrusque dialogue avec la création contemporaine, célèbre trois ans d’existence et confirme son rôle majeur dans le paysage culturel milanais. L’établissement, qui a déjà reçu le prestigieux Compasso d’Oro, mise sur l’accessibilité et l’innovation pour attirer un public toujours plus large.
Depuis son ouverture sur le Corso Venezia, face aux Jardins Montanelli, le musée s’est imposé comme un espace unique, conçu en partie par l’architecte Mario Cucinella. Le sous-sol, véritable invitation à la découverte, contraste avec la noblesse des espaces supérieurs, rehaussés de touches contemporaines. Un jardin intérieur, véritable havre de paix surplombé par un bistro, complète ce cadre exceptionnel.
La Fondation, présidée par Giovanna Forlanelli Rovati, collectionneuse passionnée et femme d’affaires expérimentée, affiche une volonté affirmée d’inclusivité. « Nous sommes une réalité privée, mais nous croyons en l’inclusivité : dans cette ville, l’écart entre ceux qui peuvent se permettre certaines choses, y compris la culture, et ceux qui ne le peuvent pas, est de plus en plus grand. C’est pourquoi nous maintenons fièrement la tradition d’un dimanche gratuit par mois, qui permet à un millier de personnes à la fois de profiter du musée, sans payer », explique-t-elle.
En 2025, la Fondation a franchi une étape importante en s’inscrivant au registre national des Organismes du Tiers Secteur (ETS) et en publiant son premier bilan social. « Nous avons créé 16 expositions depuis notre ouverture ! », se réjouit la présidente. Parmi les choix les plus marquants, elle souligne l’importance accordée aux jeunes talents : « Environ 80 % des jeunes que nous avons embauchés dans les différents métiers en étaient à leur première expérience professionnelle. L’idée est de faire grandir des talents, qui feront peut-être ensuite carrière ailleurs. »
La collaboration avec le Marché de Rovereto pour l’exposition « Les Étrusques du XXe siècle », visible jusqu’au 3 août, a été particulièrement fructueuse, marquant la première collaboration du musée avec un grand établissement public. D’autres partenariats sont déjà en préparation, notamment avec un autre musée majeur en 2026.
Giovanna Forlanelli Rovati insiste sur la complémentarité entre les initiatives privées et publiques : « Les entités privées comme la nôtre sont plus rationalisées : nous avons une liberté de choix économique, financière mais surtout décisionnelle que n’ont pas les musées publics. Cependant, je ressens la responsabilité que cela implique. » Cette responsabilité se traduit notamment par la volonté de maintenir la réputation internationale du musée, salué par des publications prestigieuses telles que le New York Times, le China Post et Le Monde comme un exemple d’excellence italienne.
La Fondation a également réussi à attirer un public plus diversifié. Si les visiteurs étaient initialement majoritairement âgés, 40 % d’entre eux ont désormais entre 20 et 40 ans, grâce notamment à un cycle d’expositions liées à la musique. L’inclusivité est également au cœur du projet Museo Gentile, qui propose des activités dédiées aux personnes vulnérables, et qui a fait du musée le premier établissement milanais respectueux de la démence.
Enfin, la Fondation prépare une exposition ambitieuse sur l’histoire des Jeux olympiques, qui ouvrira en novembre, en lien avec les Jeux olympiques d’hiver. « Pour l’instant, je ne dirai rien d’autre, mais ce sera une grosse surprise », conclut la présidente.
