Sous la lumière ocre du désert californien, une Italienne et sa fille, née dans ce paysage aride, explorent une nouvelle forme de liberté et de nomadisme. Leur voyage, documenté en images, est un témoignage intime de la maternité et une réflexion sur une vie en harmonie avec la nature.
Martina Albertazzi, 42 ans, et sa fille Nilde, bientôt âgée de 3 ans, ont choisi de vivre au rythme des saisons, voyageant à travers le désert à bord d’un van aménagé. Cette décision, prise dans le sillage du film Nomadland de Chloé Zhao, est née d’une quête de simplicité et d’une volonté de s’éloigner des contraintes de la vie urbaine.
Originaire de Rome, Martina a obtenu un diplôme en droit avant de se consacrer au journalisme. Un stage à New York en 2008, en pleine crise des subprimes, lui a offert une immersion dans le monde de la presse, couvrant des événements variés, de la Fashion Week aux manifestations.
Sa vie a pris un tournant lorsqu’elle a rencontré Conor, un Américain du Midwest, également journaliste, lors de vacances à Malte. Après leur mariage, ils ont vécu en Chine, où Martina a enseigné l’anglais tout en poursuivant sa passion pour la photographie, puis en Turquie, avant de finalement s’installer à Los Angeles.
Cependant, le coût de la vie à Los Angeles et l’arrivée de la pandémie ont précipité leur départ vers Joshua Tree, aux portes du désert californien. « Nous connaissions la région, comme beaucoup d’habitants de Los Angeles, où nous passions parfois un week-end », explique Martina. C’est là qu’ils ont acheté leur van et entamé leur périple.
Le désert est devenu le terrain de jeu de Martina et le sujet de son projet photographique. Elle a rencontré une communauté hétéroclite de nomades, des personnes fuyant la précarité aux retraités en quête de liberté, en passant par les travailleurs à distance. « Ce sont certes des nomades, mais il est difficile de les cataloguer car ils ont des milieux sociaux et des objectifs différents », souligne-t-elle.
La naissance de Nilde a apporté une nouvelle dimension à cette existence nomade. « Les enfants pourraient même vivre dans une boîte à chaussures, ils ne demandent pas grand-chose, ils ont juste besoin d’avoir leur mère près d’eux, leur soutien », affirme Martina. Pour Nilde, le van est simplement sa maison.
Leur mode de vie a permis de tisser des liens avec d’autres familles nomades, créant une communauté soudée où les enfants grandissent ensemble. « Nilde n’a jamais manqué de sociabilité », se réjouit Martina.
Ce projet photographique est aussi une exploration de la maternité et de la transformation personnelle. « Je n’ai jamais eu envie de photographier des choses éloignées de moi, tant géographiquement qu’émotionnellement », confie Martina. « Représenter Nilde, au sein de ce projet, était tout à fait naturel, peut-être aussi une manière de comprendre ce qui m’arrivait, comment mon corps évoluait et comment je changeais. »
Mais cette vie nomade a une échéance. Nilde approchant de l’âge scolaire, Martina et Conor envisagent de s’installer. « Nous pensons arrêter », explique Martina. « On ne sait toujours pas où. » Elle prévoit de continuer à retourner dans le désert, un lieu qui continue de l’inspirer et de la fasciner.
« Chaque fois que je veux voir combien de nomades quittent ou arrivent à Quartzsite en Arizona et combien de nouveaux camps se sont formés, je monte cette colline en bordure de la ville temporaire », décrit-elle, témoignant de son attachement à ce mode de vie et à cette communauté unique.

