Publié le 19 décembre 2025 à 03h48. Des images de vidéosurveillance révèlent la présence, en novembre dernier, à Davao, aux Philippines, de Naveed Akram, l’homme suspecté d’être l’auteur de la fusillade de Bondi Beach. Les autorités enquêtent sur les raisons de ce séjour et sur les déplacements du suspect et de son père.
- Des images de vidéosurveillance montrent un homme ressemblant à Naveed Akram marchant dans une rue de Davao le 11 novembre.
- Le suspect et son père auraient séjourné dans un hôtel de la ville du 1er au 28 novembre.
- La police philippine et australienne enquêtent sur les activités des deux hommes pendant leur séjour aux Philippines.
Des images de vidéosurveillance récemment obtenues par ABC News montrent un homme correspondant au signalement de Naveed Akram, le suspect de la fusillade de Bondi Beach, à Davao, sur l’île de Mindanao, aux Philippines, en novembre dernier. Les autorités philippines et australiennes tentent de reconstituer le parcours des deux hommes, Naveed et Sajid Akram, avant l’attaque qui a fait plusieurs victimes à Sydney.
La vidéo, datée du 11 novembre, montre un homme marchant dans une rue de Davao aux alentours de 5 heures du matin, heure locale. L’homme, dont la tête est baissée et qui semble concentré sur son téléphone, a été identifié par deux employés de l’hôtel GV, où les deux hommes auraient séjourné du 1er au 28 novembre. Les employés affirment qu’il s’agit bien de Naveed Akram, reconnaissable à sa tenue habituelle – un t-shirt, un short et des tongs – ainsi qu’à sa coiffure et à sa pilosité faciale.
Ils ont également noté une similitude dans sa démarche et sa carrure. Après la diffusion des images par ABC News, la police locale s’est rendue chez le propriétaire de l’hôtel afin d’en obtenir une copie.
Les suspects ont passé quatre semaines dans un hôtel (témoignages)
Ces révélations interviennent après que le personnel de l’hôtel GV a déclaré que Naveed et Sajid Akram avaient séjourné dans l’établissement pendant quatre semaines en novembre. Plus d’informations sur le séjour des suspects à l’hôtel GV.
Les autorités de l’immigration ont confirmé que les deux hommes sont arrivés à Davao le 1er novembre et l’ont quitté le 28 novembre. Les registres de l’hôtel, consultés par ABC News, corroborent ces dates, indiquant l’enregistrement de Naveed Akram à 23h40 le 1er novembre, avec des paiements hebdomadaires et un départ à 12h05 le 28 novembre.
Selon le personnel de l’hôtel, les deux hommes passaient la plupart de leur temps dans leur chambre, ne sortant qu’une ou deux heures par jour. La surveillance de l’hôtel, assurée par un seul employé pendant la nuit, a permis de capturer les images de vidéosurveillance grâce à une caméra installée par un commerce voisin.
Enquête policière sur les activités des suspects aux Philippines
La police philippine et australienne continuent d’enquêter sur les activités de Naveed et Sajid Akram pendant leur séjour aux Philippines, notamment sur les raisons de leur présence à Davao, une grande ville de Mindanao. Des spéculations ont émergé quant à un possible entraînement militaire.
Un haut responsable de la lutte contre le terrorisme, sous couvert d’anonymat, a déclaré à ABC News plus tôt cette semaine que les deux hommes auraient suivi un « entraînement de type militaire » en novembre. Mindanao est une région confrontée à des problèmes de militantisme islamique et considérée comme un foyer d’extrémisme violent.
Davao se trouve à proximité de régions de Mindanao, telles que Lanao del Sur et Maguindanao, où des groupes militants liés à l’État islamique sont encore présents, bien que leur influence soit limitée et leurs ressources restreintes. En 2017, des centaines de militants de l’État islamique ont été tués lors de la reprise de la ville de Marawi, à Lanao del Sur, par les forces philippines.
Les autorités philippines minimisent les risques
Le conseiller à la sécurité nationale des Philippines, Eduardo Ano, a déclaré plus tôt cette semaine qu’il rejetait les informations présentant Mindanao comme un centre d’extrémisme violent ou d’idéologie de l’État islamique.
« Il n’existe aucun rapport ou confirmation valable selon lequel les deux hommes ont reçu une quelconque forme de formation militaire pendant leur séjour dans le pays, et aucune preuve ne vient étayer une telle affirmation à l’heure actuelle. »
Eduardo Ano, conseiller à la sécurité nationale des Philippines
Il a ajouté que les forces de sécurité philippines avaient considérablement affaibli les groupes affiliés à l’EI dans le pays, les réduisant à des fragments sans leadership ni capacité opérationnelle significative.
Un porte-parole de la police nationale philippine (PNP) à Davao a déclaré mercredi que l’enquête se poursuivait pour déterminer si Naveed et Sajid Akram étaient bien arrivés à Davao et s’ils avaient voyagé dans d’autres régions du pays. Un porte-parole de l’immigration philippine a confirmé que les deux hommes n’étaient jamais entrés dans le pays avant novembre. La PNP a été contactée pour obtenir un commentaire.
