Publié le 26 décembre 2025. Le réalisateur et acteur palestinien Mohammed Bakri, figure controversée du cinéma engagé, est décédé à l’âge de 76 ans, laissant derrière lui une œuvre marquée par les conflits israélo-palestiniens et les questions identitaires.
- Mohammed Bakri s’est fait connaître avec son documentaire « Jénine, Jénine », interdit en Israël, qui dépeint les conséquences d’une opération militaire israélienne en Cisjordanie.
- Son film « Tout ce qui vous reste », avec ses fils Adam et Saleh Bakri, a été sélectionné pour les Oscars du meilleur film international.
- Bakri a navigué entre le cinéma palestinien et le théâtre israélien, suscitant à la fois admiration et critiques.
Né dans le village d’Al-Ba’na en Galilée, Mohammed Bakri était titulaire de la nationalité israélienne et avait étudié à l’Université de Tel Aviv. Il a exploré les complexités de l’identité israélo-palestinienne à travers ses films et ses performances théâtrales. Son œuvre la plus marquante, « Le Pessimiste » (1986), inspirée des écrits d’Emile Habibi, aborde les contradictions vécues par ceux qui se sentent à la fois Israéliens et Palestiniens.
Bakri a souvent été confronté à des controverses, notamment en raison de sa collaboration avec des acteurs et des institutions israéliennes, ce qui lui a valu des critiques au sein de la communauté palestinienne. Le documentaire « Jénine, Jénine », réalisé en 2003, a particulièrement suscité la polémique. Il documentait les événements survenus lors d’une opération militaire israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, en avril 2002, pendant la seconde Intifada. Le film a été interdit en Israël, accusé d’être partial et d’inciter à la haine. Bakri a ensuite été la cible de poursuites judiciaires pendant près de deux décennies.
Outre « Jénine, Jénine » et « Tout ce qui vous reste », Bakri a participé à d’autres films notables, tels que « Derrière les barreaux », nominé pour un Oscar, « Haïfa » et « Hana K ». Il a également joué en hébreu, notamment au Théâtre national israélien de Tel Aviv, et est apparu dans plusieurs films israéliens populaires des années 1980 et 1990.
Selon les médias locaux, la famille de Mohammed Bakri a annoncé son décès ce mercredi, des suites de problèmes cardiaques et pulmonaires. Son cousin, Rafiq, a déclaré au site d’information arabe Al-Jarmaq que Bakri était un défenseur acharné des Palestiniens et qu’il avait utilisé son art pour exprimer son soutien à son peuple.
