Publié le 26 décembre 2025 à 15h45. L’Inde a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence de la violence envers les minorités au Bangladesh, après le lynchage d’un ouvrier hindou, un incident qui a provoqué des tensions diplomatiques entre les deux pays.
- L’Inde a fermement condamné le meurtre de Dipu Chandra Das, un ouvrier hindou lynché dans la région de Mymensingh.
- Plus de 2 900 incidents de violence contre les minorités ont été recensés au Bangladesh durant le mandat du gouvernement intérimaire.
- Les services de visa indien à Chittagong et les services consulaires bangladais à New Delhi ont été temporairement suspendus en réponse à des incidents de sécurité.
New Delhi a exprimé sa profonde inquiétude face à la multiplication des agressions visant les communautés minoritaires au Bangladesh, notamment les hindous, les chrétiens et les bouddhistes. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien, Randhir Jaiswal, a déclaré lors d’une conférence de presse :
« La poursuite des hostilités contre les minorités au Bangladesh est très préoccupante. Nous condamnons le récent meurtre horrible d’un jeune hindou à Mymensingh et espérons que les auteurs seront traduits en justice. »
Randhir Jaiswal, porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien
L’incident qui a déclenché ces vives réactions est celui de Dipu Chandra Das, un ouvrier de 30 ans, lynché par une foule la semaine dernière à Mymensingh, à environ 100 km de Dacca. Une vidéo devenue virale montre la foule célébrant alors que le corps nu de Dipu est attaché à un arbre et incendié. Cet acte de barbarie a suscité des manifestations en Inde et des contre-manifestations au Bangladesh, conduisant les deux pays à convoquer leurs ambassadeurs respectifs.
Selon des sources indépendantes citées par le ministère indien des Affaires étrangères, plus de 2 900 actes de violence contre les minorités ont été documentés au Bangladesh pendant la période du gouvernement intérimaire dirigé par le conseiller en chef Mohammed Yunus. New Delhi insiste sur le fait que ces incidents ne peuvent être attribués à de simples exagérations médiatiques ou à des troubles politiques isolés.
Cette escalade de tensions intervient à la veille des élections générales au Bangladesh, prévues en février. Le fils de l’ancien président du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), Tarique Rahman, est rentré à Dhaka jeudi après 17 ans d’exil et a tenu son premier rassemblement public devant des milliers de partisans. Parallèlement, la Ligue Awami de Cheikh Hasina est interdite en vertu de la loi antiterroriste, et l’ancienne Première ministre a été condamnée à mort par le Tribunal pour les crimes internationaux (TPI-BD) en novembre. Dhaka a à plusieurs reprises demandé à New Delhi de rapatrier Cheikh Hasina, mais l’Inde n’a pas encore répondu formellement à ces requêtes.
La violence communautaire a été exacerbée par la mort du leader étudiant Sharif Osman Hadi, figure de proue de la révolution de juillet 2024 qui a conduit à la destitution de Cheikh Hasina. Dipu Chandra Das a été tué après avoir été accusé de blasphème dans le contexte de ces troubles. En réaction à un incident de sécurité survenu au Haut-commissariat adjoint de l’Inde à Chittagong, les opérations de visa indien dans cette ville ont été suspendues indéfiniment. Le Bangladesh a répliqué en suspendant temporairement tous ses services consulaires et de visa à New Delhi.
L’Inde réaffirme son attachement au renforcement de ses liens avec le peuple bangladais et plaide pour la paix, la stabilité et des élections justes, libres, inclusives et participatives dans le pays, se déroulant dans un climat pacifique.
