Publié le 16 décembre 2025 00:53:00. L’essor des start-up en Afrique de l’Ouest peine à se traduire par une présence significative dans le secteur de l’éducation. Deux jeunes entreprises ivoiriennes, spécialisées dans des solutions innovantes pour l’enseignement, ont récemment exposé leur travail à Paris grâce à un programme de la prestigieuse école HEC.
- L’application Ecolepay facilite le paiement des frais de scolarité et de cantine par mobile money, réduisant les contraintes administratives pour les parents.
- La start-up Bokonzi propose des supports pédagogiques ludiques et adaptés à la culture locale, plaçant l’enfant au cœur de son apprentissage.
- Malgré un réel besoin et des solutions prometteuses, ces initiatives peinent à attirer les investissements, l’éducation ne représentant que 2% des financements dédiés à la tech en Afrique.
Le secteur des start-up connaît une croissance rapide en Afrique de l’Ouest, mais l’éducation reste un domaine sous-représenté. Pour pallier ce manque, des initiatives locales émergent, cherchant à moderniser l’accès à l’enseignement et à simplifier les démarches administratives. Récemment, deux jeunes entreprises ivoiriennes ont eu l’opportunité de présenter leurs solutions à Paris, dans le cadre d’un programme d’accompagnement proposé par l’école HEC.
Ecolepay, développée par LKM Digital, ambitionne de révolutionner le paiement des frais de scolarité. L’application permet aux parents de régler les frais de cantine et de scolarité en un clic, via leur téléphone mobile. Jean-Philippe Lasme, directeur de la start-up, souligne que le principal défi a été de gagner la confiance des utilisateurs et des établissements scolaires.
« On veut être une figure d’autorité en termes de paiement de frais de scolarité et on travaille dur pour. Parce qu’en fait, le parent, quand il se connecte sur notre application, il paye via le mobile money et nous reversons aux écoles. Il faut donc une sacrée dose de confiance. Au-delà de la qualité de l’application, il faut que la structure puisse accompagner. Dans ce cadre-là, on a mis les bouchées doubles vis-à-vis de la banque centrale, la BCEAO. Nous sommes désormais PSP, Payment Service Provider, avec un agrément de la banque centrale. Ensuite, vis-à-vis de la RTI, l’autorité de régulation pour la gestion des données à caractère personnel, nous avons montré comment nous collectons, protégeons et sauvegardons les données. Nous avons aussi une assurance responsabilité civile professionnelle. Aujourd’hui, toutes nos transactions sont protégées, encadrées et supportées par une société d’assurance. Ce n’est donc pas une petite start-up au coin de la rue, on se met aux normes parce qu’on a une vision énorme »
Jean-Philippe Lasme, directeur de LKM Digital
Soixante écoles utilisent déjà Ecolepay, répondant ainsi à un besoin criant. Selon les études menées par la start-up, près de 30% des frais de scolarité restent impayés chaque année. Cependant, convaincre les investisseurs de soutenir ce type de projet reste un obstacle.
De son côté, Bokonzi propose une approche pédagogique innovante avec sa “Valed”, une valise éducative aux designs colorés et aux références culturelles familières aux élèves. Andreas Gotiene, créateur de la start-up, explique :
« On veut vraiment remettre l’enfant au cœur de l’éducation, parce que nous pensons que parfois, on donne des contenus sans considérer leur environnement. Nous co-créons ce dont l’enfant a réellement besoin pour le rendre apte et faire de lui une solution aux problématiques de l’Afrique. »
Andreas Gotiene, créateur de Bokonzi
Malgré le potentiel de ces initiatives, le financement reste un défi majeur. Andreas Gotiene déplore :
« Malheureusement, on est dans un monde où tout est centré sur le capitalisme, Les gens regardent combien de chiffres on fait, et non combien de vies on transforme. Nous sommes donc ouverts à ceux qui partagent la même vision : rendre l’éducation accessible à tous les enfants, pas seulement à une certaine classe sociale. Mais cela nécessite des fonds pour augmenter notre capacité de production et former des coachs pédagogues. »
Andreas Gotiene, créateur de Bokonzi
Un rapport récent de Partech confirme cette tendance : seulement 2% des financements dédiés à la tech en Afrique sont alloués à des projets liés à l’éducation.
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