Publié le 4 novembre 2025 à 17h03. L’artiste suédois Mikael Wiehe, âgé de 79 ans, révèle publiquement son combat contre la maladie d’Alzheimer et partage ses réflexions poignantes sur la mort et la fin de vie dans un podcast.
- Mikael Wiehe a annoncé son diagnostic d’Alzheimer dans son émission “Summer in P1” et a évoqué son anxiété croissante lors de ses performances scéniques avant le diagnostic.
- L’artiste envisage l’euthanasie comme une option pour éviter une fin de vie dégradante et a même recherché des informations sur une clinique suisse spécialisée.
- Wiehe, qui a déjà surmonté des problèmes de santé graves, s’efforce de maintenir ses capacités cognitives grâce à des exercices quotidiens et cherche un nouveau sens à sa vie.
C’est lors d’une tournée en 2022 que Mikael Wiehe a commencé à ressentir des signes avant-coureurs de la maladie. Il décrit une anxiété inhabituelle avant de monter sur scène, un sentiment que quelque chose n’allait pas, qu’il a d’abord préféré ignorer.
« Du coup, j’ai ressenti une certaine anxiété au moment où je m’apprêtais à monter sur scène, raconte-t-il pour la première fois dans le podcast “La vie d’Alzheimer”. Je pensais qu’il y avait quelque chose qui n’était pas comme d’habitude, mais je ne veux pas savoir quoi. »
Mikael Wiehe
Le diagnostic est tombé au printemps 2023, après des examens médicaux. Wiehe, fort d’une vie marquée par des épreuves – un cancer et une hernie de l’aorte notamment – aborde la maladie avec un mélange de pragmatisme et de lucidité. Il évoque même, avec une pointe d’ironie, l’idée d’un accident imprévu.
« Je suis un dur à cuire, je suis un enfant des années 50, pour le meilleur ou pour le pire, alors j’ai pensé que jusqu’à présent je n’avais pas de problèmes majeurs, tu verras, peut-être que j’aurai de la chance de me faire renverser par un tramway à Göteborg, donc je n’aurai pas à être dans la dernière étape. »
Mikael Wiehe
L’artiste a même envisagé l’euthanasie, se renseignant sur une clinique suisse où il serait possible de choisir la fin de sa vie. Il exprime une crainte profonde de perdre son autonomie et sa dignité.
« Je pensais que si je m’assois et que je bave et que je n’arrive pas à me reconnaître, je ne veux plus vivre. Mais nous verrons comment cela se passera en fin de compte. »
Mikael Wiehe
Wiehe a mis de côté sa carrière musicale et se concentre désormais sur des activités stimulantes pour préserver ses facultés mentales. Chaque matin, il s’entraîne en chantant, en faisant des mots croisés et en pratiquant de la gymnastique. Il reconnaît cependant que ses capacités diminuent : il a des difficultés d’audition, des problèmes d’équilibre et des troubles du langage.
L’artiste évoque également la solitude qui l’accable, après avoir perdu de nombreux amis proches. Il anticipe de rejoindre une maison de retraite, comme beaucoup de ses compagnons.
« Je n’ai plus personne avec qui parler intimement, c’est important, à part la famille. Et je finirai dans la même maison de retraite que beaucoup de mes amis. »
Mikael Wiehe
Malgré la maladie, Wiehe affirme ne pas avoir peur de la mort, mais redoute la souffrance. Il observe avec lucidité le déclin de ses capacités cognitives, résumant son expérience avec une phrase poignante :
« Toute ma vie j’ai plaisanté avec les mots, maintenant ce sont les mots qui plaisantent avec moi. »
Mikael Wiehe
Pour en savoir plus sur l’aide disponible en cas de pensées suicidaires, vous pouvez consulter les ressources suivantes : Téléphone adulte BRIS, BRIS, La ligne du suicide, Prêtre en service, et Espèce.
