Publié le 28 octobre 2025 13:01:00. Une nouvelle étude internationale révèle que l’activité physique régulière, même modérée, réduit significativement le risque de maladies coronariennes, avec des bénéfices plus importants pour les femmes que pour les hommes.
- Pratiquer au moins 150 minutes d’exercice par semaine diminue le risque de maladie coronarienne de 22 % chez les femmes et de 17 % chez les hommes.
- Les femmes bénéficient d’une réduction de 30 % du risque avec 250 minutes d’activité hebdomadaire, tandis que les hommes nécessitent 530 minutes pour un effet comparable.
- L’étude souligne l’importance d’adapter les recommandations d’exercice en fonction du sexe pour optimiser la prévention cardiovasculaire.
L’activité physique soutenue est depuis longtemps reconnue comme un pilier de la prévention des maladies cardiovasculaires, première cause de décès dans le monde, responsables de près de 19,8 millions de morts chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une recherche récente, menée à grande échelle, a cherché à quantifier précisément l’impact de l’exercice, mesuré objectivement grâce à des dispositifs électroniques, sur le développement et la progression des maladies coronariennes.
Les résultats, publiés dans la revue Nature Cardiovascular Research, reposent sur l’analyse des données de plus de 85 000 participants du Royaume-Uni. L’étude a non seulement examiné le lien entre l’activité physique et la santé cardiovasculaire, mais a également mis en évidence des différences notables entre les femmes et les hommes en termes de bénéfices observés.
La maladie coronarienne se caractérise par un rétrécissement ou un blocage des artères qui alimentent le muscle cardiaque, généralement dû à l’accumulation de plaques de graisse et de cholestérol sur leurs parois. Cette réduction du flux sanguin peut provoquer des douleurs thoraciques, un essoufflement ou, dans les cas les plus graves, un infarctus du myocarde.
Selon les auteurs de l’étude, une activité physique modérée ou vigoureuse, quantifiée à l’aide d’accéléromètres de poignet, est associée à un risque plus faible de développer une maladie coronarienne et à une diminution de la mortalité chez les patients déjà diagnostiqués. L’étude a révélé que respecter les recommandations minimales de l’OMS, soit au moins 150 minutes d’exercice par semaine, réduit le risque de maladie coronarienne chez les femmes de 22 %, tandis que chez les hommes, cette réduction s’élève à 17 %.

L’étude précise que les femmes obtiennent une réduction de 30 % du risque de maladie coronarienne avec 250 minutes par semaine d’activité physique modérée ou vigoureuse, alors que les hommes ont besoin de 530 minutes par semaine pour constater des effets comparables.
Plus la fréquence d’activité hebdomadaire est élevée, plus les bénéfices sont importants. Chez les femmes qui respectent les recommandations d’exercice quotidien, l’incidence de la maladie coronarienne passe de 5,2 % à 1,5 %, tandis que chez les hommes, elle diminue de 10,2 % à 4,7 %.
L’analyse a également porté sur le risque de mortalité toutes causes confondues chez les personnes déjà atteintes d’une maladie coronarienne. Dans ce groupe, les femmes qui maintiennent un niveau d’activité physique conforme aux recommandations ont enregistré une baisse plus importante du risque de décès que leurs homologues masculins.
Ces résultats suggèrent que les bénéfices de l’exercice sont observables chez les deux sexes, mais que les femmes bénéficient de réductions proportionnellement plus importantes en termes de risque cardiovasculaire et de mortalité. De plus, un plus grand nombre de jours d’activité par semaine est associé à une diminution progressive de l’incidence des événements coronariens et des décès, soulignant l’importance de la persévérance dans la pratique d’une activité physique régulière pour la prévention et le traitement des maladies coronariennes.

Les données utilisées pour cette recherche proviennent de la Biobanque britannique, une vaste base de données sur la santé de la population. L’étude a inclus 80 243 personnes sans antécédents de maladie coronarienne et 5 169 patients déjà diagnostiqués, avec un âge moyen de 61,5 et 66,9 ans respectivement. Pendant une semaine, tous les participants ont porté un accéléromètre au poignet qui a collecté des informations continues sur leur activité physique.
Les spécialistes ont analysé ces données pour calculer la durée, l’intensité et la fréquence des mouvements du corps. La variable principale était le temps consacré à des activités nécessitant un minimum de 100 milligravités d’accélération, ce qui correspond à un exercice modéré à vigoureux, comme la marche rapide, la course à pied ou la natation. Ces résultats ont ensuite été croisés avec l’apparition de la maladie coronarienne ou l’enregistrement de décès, en utilisant des modèles statistiques ajustés aux facteurs démographiques, aux habitudes de vie et aux conditions médicales préexistantes.
L’équipe de recherche estime que ces résultats ouvrent la voie à des « stratégies personnalisées pour la prévention des maladies coronariennes en utilisant des dispositifs de mesure portables », une approche qui pourrait contribuer à réduire les « inégalités entre les sexes » en matière d’accès et de bénéfices de l’exercice pour la santé cardiovasculaire. L’objectivité fournie par les appareils électroniques représente, selon l’étude, une avancée par rapport à la subjectivité des questionnaires traditionnels utilisés dans les recherches antérieures.

Cette étude souligne l’importance d’adapter les recommandations en fonction du sexe, puisque les femmes obtiennent des bénéfices équivalents en consacrant la moitié de leur temps à une activité physique par rapport aux hommes, une différence qui pourrait être exploitée pour encourager la participation des femmes aux initiatives de prévention. Par ailleurs, l’utilisation généralisée d’accéléromètres et d’autres dispositifs portables facilite la surveillance continue et la personnalisation des plans de santé individuels et collectifs.
L’étude reconnaît certaines limites, notamment la composition démographique de l’échantillon, principalement basé au Royaume-Uni, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats à d’autres populations. Elle souligne également la nécessité d’approfondir la recherche sur les mécanismes physiologiques qui expliquent les différences observées et de valider ces résultats dans des cohortes plus diversifiées.

