Publié le 7 décembre 2023 11h27. La faillite de l’équipementier cycliste Internetstores GmbH, propriétaire de marques comme Probikeshop et Fahrrad.de, plonge le secteur du vélo en crise, confronté à un marché en contraction et à des difficultés de financement.
- L’insolvabilité d’Internetstores GmbH est un signal d’alarme pour l’ensemble de l’écosystème cycliste européen.
- Des centaines d’emplois sont menacés, tandis que le secteur peine à se remettre du boom post-pandémique.
- Certaines plateformes, comme Probikeshop, ont trouvé des repreneurs, mais l’avenir de nombreuses autres reste incertain.
L’annonce de la procédure d’insolvabilité d’Internetstores GmbH, effective depuis le 1er janvier 2024, a provoqué une onde de choc dans le monde du vélo. Filiale du groupe Signa Sports United (SSU), lui-même en difficulté, l’entreprise exploite des enseignes bien connues comme Motard et Probikeshop. Malgré les tentatives de trouver un soutien financier, le début formel de la procédure semble marquer un point de non-retour pour plusieurs de ses activités.
Selon des sources proches du comité des créanciers, des mesures de liquidation ont été activées, tout en maintenant des négociations pour la vente de certaines plateformes séparément. L’objectif principal est de préserver au maximum la valeur des actifs et de limiter les dommages financiers et sociaux. Plus de 400 salariés sont aujourd’hui en attente de nouvelles, dans l’incertitude quant à leur avenir.
Une lueur d’espoir subsiste toutefois pour certaines entités. Le tribunal de commerce de Lyon a ainsi validé deux offres de reprise pour la plateforme Probikeshop, permettant de sauvegarder 28 emplois. Cependant, ce chiffre reste modeste au regard de l’ampleur de la contraction du groupe, qui comptait entre 200 et 300 employés en 2021. D’autres plateformes, comme Fahrrad.de, Fahrrad XXL et Brügelmann, pourraient attirer des investisseurs dans les prochaines semaines.
Cette crise n’est pas isolée. Le secteur du cyclisme, confronté à une conjoncture économique difficile, connaît des difficultés à l’échelle européenne. En France, des marques comme Cuir, Reine Vélo et Kiffy ont déjà subi des fermetures ou des restructurations profondes. Pour faire face à cette situation, certains acteurs ont pris des mesures radicales : Schwalbe a concentré sa production de pneus sur un seul site, tandis que Scott Sports a bénéficié d’une injection de 150 millions de francs suisses pour gérer les surstocks et stabiliser ses opérations.
« Il ne s’agit pas seulement d’un ajustement des stocks, mais d’un changement profond dans la pratique du vélo : ceux qui s’adapteront plus rapidement et avec plus de discipline financière survivront. »
Source non spécifiée dans le texte original
Quelles perspectives pour les salariés et les consommateurs ? Pour les employés, les prochaines semaines seront cruciales dans la négociation des éventuelles cessions, des relocalisations partielles ou des plans de sauvegarde de l’emploi. Bien que la dissolution de certaines marques soit probable, celles qui disposent d’une forte notoriété pourraient parvenir à conserver leurs activités principales. Pour les consommateurs, cette situation se traduira par une période de transition, avec des ajustements possibles au niveau des délais de livraison, des garanties et du service client.
Pour relancer le secteur, une gestion rigoureuse des stocks, des accords plus souples avec les fournisseurs et une plus grande agilité seront indispensables. La combinaison d’une stratégie omnicanale, du commerce de vélos d’occasion et d’un service après-vente de qualité pourrait permettre de restaurer la confiance des consommateurs. Il sera également crucial de réorienter les catalogues vers des segments porteurs, tels que la mobilité urbaine et les accessoires.
L’année 2024 s’annonce donc décisive pour tester la résilience des acteurs du secteur. Si les opérations de cession d’actifs se concrétisent rapidement, l’impact sur l’emploi et l’offre au public pourrait être limité. Mais le message est clair : après l’emballement post-Covid, le moment est venu pour l’industrie du vélo de privilégier l’efficacité et le réalisme financier. Chaque décision sera désormais déterminante pour éviter une chute.
