Une étude menée sur des participants noirs aux États-Unis suggère que les hommes en surpoids ou obèses, mais métaboliquement sains, pourraient présenter un risque réduit de développer la maladie d’Alzheimer. Ces résultats, issus de l’analyse de données de l’Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative (ADNI), soulignent la complexité du lien entre le poids, la santé métabolique et le risque de démence.
À retenir
- Chez les hommes noirs en surpoids ou obèses mais métaboliquement sains, une corrélation positive, bien que non significative, a été observée entre l’indice de masse corporelle (IMC) et l’état cognitif, suggérant un possible effet protecteur.
- L’étude, basée sur l’analyse de données de 307 participants noirs de l’ADNI, met en évidence la nécessité de prendre en compte les spécificités raciales et ethniques dans l’évaluation du risque de maladie d’Alzheimer.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les changements à long terme de la cognition, de la pathologie cérébrale liée aux protéines amyloïde et tau, et des biomarqueurs sanguins chez les individus métaboliquement sains en surpoids ou obèses.
Contexte
L’impact des facteurs métaboliques et vasculaires – tels que les maladies cardiaques, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et l’obésité – sur le risque de maladie d’Alzheimer est de plus en plus reconnu, en particulier chez les personnes présentant des problèmes de santé métabolique et un surpoids ou une obésité (MUO). Cependant, le risque accru de maladie d’Alzheimer chez les individus métaboliquement sains mais en surpoids ou obèses (MHO) reste mal compris. L’indice de masse corporelle (IMC) est couramment utilisé pour évaluer les risques pour la santé, mais les normes actuelles ne sont pas toujours adaptées aux différents groupes raciaux et ethniques, notamment au sein des populations noires ou afro-américaines.
L’ADNI, lancée en 2004, est une initiative de recherche collaborative visant à améliorer la compréhension de la maladie d’Alzheimer et à développer des traitements plus efficaces. L’étude a recruté 488 participants noirs depuis son lancement.
Ce qui change
Les résultats préliminaires de cette étude suggèrent que la relation entre l’IMC et le risque de maladie d’Alzheimer pourrait différer entre les hommes et les femmes noirs en surpoids ou obèses mais métaboliquement sains. À ce stade, aucune différence significative n’a été observée entre l’IMC et l’état cognitif global de l’ensemble des participants noirs. Cependant, une tendance a été relevée chez les hommes : un IMC plus élevé était associé à un meilleur état cognitif, suggérant un risque potentiellement réduit de développer la maladie d’Alzheimer.
Les chercheurs ont utilisé des modèles de régression linéaire multivariée pour explorer les liens entre les profils MUO et MHO des participants noirs et divers biomarqueurs, notamment les marqueurs plasmatiques, la charge amyloïde cérébrale et le volume de l’hippocampe.
Prochaines étapes
Les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des études longitudinales pour suivre l’évolution de l’état cognitif, de la pathologie cérébrale (amyloïde et tau) et des biomarqueurs sanguins chez les individus MHO. Ces investigations permettront de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse d’un effet protecteur chez les hommes noirs en surpoids ou obèses mais métaboliquement sains.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre total de participants noirs recrutés par l’ADNI (depuis 2004) | 488 |
| Nombre de participants noirs inclus dans l’analyse | 307 |
| Nombre de femmes noires incluses dans l’analyse | 188 (témoins sains) + 21 (MA légère/modérée) = 209 |
| Nombre d’hommes noirs inclus dans l’analyse | 74 (témoins sains) + 24 (MA légère/modérée) = 98 |
Sources
Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative (ADNI).
