L’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) est au cœur d’une bataille juridique avec l’administration Trump, après la menace de coupes budgétaires massives liées à des accusations d’antisémitisme et à des désaccords sur les politiques universitaires. L’enjeu est de taille : la défense de la liberté académique et de l’autonomie des universités face à une intervention gouvernementale jugée illégale.
La Maison Blanche a annoncé son intention de réduire de 584 millions de dollars (environ 537 millions d’euros) les fonds fédéraux alloués à l’UCLA, en raison, selon elle, d’un manque de mesures efficaces pour lutter contre l’antisémitisme sur le campus. L’administration a également exigé une pénalité financière de près de 1,2 milliard de dollars (environ 1,1 milliard d’euros), tout en contestant la reconnaissance des identités transgenres et en mettant fin aux soins liés à l’affirmation de genre dans les hôpitaux universitaires.
Un juge fédéral a temporairement suspendu cette décision la semaine dernière, mais la Cour suprême a soulevé des questions de compétence, suggérant que certaines contestations pourraient devoir être portées devant la Cour des réclamations fédérales, une juridiction spécialisée. Une action en justice devant cette cour permettrait, selon des professeurs de droit de l’UC, de combler les lacunes juridiques soulevées par la décision de la Cour suprême et de soutenir les efforts de l’université.
Plus de 170 professeurs de droit de l’Université de Californie ont signé une lettre ouverte aux régents de l’UC, dénonçant le caractère illégal de ces coupes budgétaires. Ils soulignent que l’administration Trump a ignoré les procédures légales établies par la loi sur les droits civils de 1964 et la loi sur la procédure administrative de 1946, notamment l’obligation d’organiser une audience impartiale avant de suspendre des fonds et de présenter des preuves substantielles au Congrès pour étayer ses accusations.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déjà appelé les régents de l’UC à riposter. « Comment pouvez-vous accepter une telle amende ? », s’est-il interrogé. L’université reçoit plus de 17 milliards de dollars (environ 15,6 milliards d’euros) de financement fédéral chaque année, dont 5,7 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d’euros) sont destinés à la recherche et au soutien des programmes. Une perte de ces fonds aurait des conséquences désastreuses pour son statut d’établissement de premier plan.
Face à cette situation, l’État de Californie pourrait apporter un soutien financier crucial. Des législateurs démocrates ont proposé une mesure de vote pour allouer 23 milliards de dollars (environ 21,2 milliards d’euros) à des subventions de recherche, afin de contrer l’offensive de l’administration Trump. L’université et l’État doivent s’unir pour défendre l’autonomie universitaire et l’état de droit, dans un climat de peur où toute non-conformité pourrait entraîner des sanctions supplémentaires.
« L’Amérique ne serait pas la même sans cette frontière occidentale », a déclaré Blake Emerson, professeur de droit à l’UCLA, soulignant l’importance de la Californie dans l’histoire et l’identité américaine. La réussite de la Californie dans cette bataille juridique pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de défense de la liberté académique et de l’autonomie des institutions universitaires.
