Publié le 14 janvier 2024 à 18h30. Face aux nouvelles menaces de tarifs douaniers américains sur des produits européens, l’Union européenne se prépare à une riposte et envisage un sommet d’urgence pour désamorcer la crise, déclenchée par les ambitions de Donald Trump concernant le Groenland.
- L’Union européenne se prépare à convoquer un sommet extraordinaire, potentiellement dès jeudi, pour répondre aux menaces tarifaires de Donald Trump.
- Les ambassadeurs de l’UE ont convenu d’intensifier la diplomatie pour dissuader Washington, tout en se préparant à des contre-mesures si nécessaire.
- Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, le Danemark et la France, ont fermement rejeté les exigences de Trump concernant le Groenland.
La tension monte entre l’Union européenne et les États-Unis après l’annonce, samedi, de Donald Trump d’imposer des droits de douane punitifs sur les marchandises européennes. Ces tarifs, qui pourraient atteindre 25 % à partir du 1er juin, sont liés à la volonté de l’ancien président américain d’acquérir le Groenland, un territoire autonome du Danemark. Huit pays européens de l’OTAN, dont l’Allemagne, ont récemment déployé des militaires en mission de reconnaissance sur l’île, ce qui a exacerbé les tensions.
Les ambassadeurs des États membres de l’UE se sont réunis dimanche soir pour évaluer la situation et coordonner une réponse. Ils ont souligné l’importance de ne pas céder au chantage et ont convenu d’intensifier les efforts diplomatiques pour convaincre Donald Trump de revenir sur sa décision. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré :
« L’Europe ne peut pas faire l’objet de chantage. »
Mette Frederiksen, Première ministre danoise
Parallèlement, l’UE étudie la possibilité d’activer un « instrument de défense contre la coercition économique », surnommé le « bazooka commercial ». Cet outil permettrait à l’Union européenne de prendre des contre-mesures, notamment en imposant des droits de douane sur les importations américaines. Selon des sources proches du président français Emmanuel Macron, il plaiderait pour l’utilisation de cet instrument. Un plan de rétorsion, élaboré l’année dernière lors d’un précédent conflit commercial, prévoit l’imposition de droits de douane sur des importations américaines d’une valeur d’environ 93 milliards d’euros (1 500 millions de dollars).
L’Italie s’est proposée comme médiateur dans ce conflit. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a déclaré que la Première ministre Giorgia Meloni était en contact avec les États-Unis et les autres pays européens.
« Je crois que l’Italie peut jouer un rôle positif dans la recherche d’accords en raison de sa nature, de sa capacité à servir de médiateur et à parler avec tout le monde. »
Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères italien
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a également échangé avec Donald Trump sur la situation au Groenland et dans l’Arctique. Il a indiqué qu’il attendait de le rencontrer à Davos, en Suisse, à la fin de la semaine. Le Forum économique mondial de Davos, qui se tiendra du 15 au 19 janvier, pourrait donc être l’occasion de discussions cruciales pour tenter de désamorcer la crise.
Les huit pays européens concernés par les menaces tarifaires américaines – l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni – ont publié une déclaration commune condamnant les pressions exercées par Donald Trump et réaffirmant leur détermination à protéger leur souveraineté. Ils soulignent que les menaces tarifaires nuisent aux relations transatlantiques et risquent d’aggraver les tensions.
À titre de rappel, des droits de douane de 15 % sont déjà en vigueur sur la plupart des exportations de l’UE vers les États-Unis depuis l’été dernier. La situation actuelle pourrait donc entraîner une nouvelle escalade du conflit commercial transatlantique.
