Publié le 24 février 2024. La chute spectaculaire des prix de la pomme de terre, jusqu’à des niveaux proches de zéro, inquiète les producteurs, qui doivent puiser dans leurs réserves après une année 2023 plus favorable. Cette situation est liée à une baisse de la demande, notamment de la part des chaînes de restauration rapide, impactées par l’inflation.
- Le prix de la pomme de terre a connu une baisse drastique depuis le début de l’année.
- Cette situation est due à une surproduction combinée à une diminution de la demande, notamment dans le secteur de la restauration rapide.
- Les producteurs disposent pour l’instant de réserves confortables, mais l’avenir reste incertain si la situation ne s’améliore pas.
La filière pomme de terre traverse actuellement une période de turbulences. Selon un rapport d’ABN Amro, les prix ont chuté de manière significative, atteignant parfois des niveaux quasi nuls. Cette baisse contraint les agriculteurs à mobiliser leurs stocks accumulés lors d’une année 2023 plus prospère.
L’explication de cette situation réside dans un déséquilibre entre l’offre et la demande. Encouragés par des prix avantageux l’année dernière, de nombreux agriculteurs ont augmenté leurs surfaces cultivées. Or, la demande a fléchi, en particulier du côté des chaînes de restauration rapide, un secteur particulièrement sensible à l’inflation et à la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs. Ces établissements, qui constituent un débouché important pour les pommes de terre destinées à la fabrication de frites, ont réduit leurs commandes.
Pour l’heure, les producteurs ne sont pas immédiatement confrontés à des difficultés financières majeures. « Les agriculteurs pratiquant de grandes cultures ont connu trois années très positives », explique Jelmer Schreurs, analyste chez ABN AMRO.
« Les réserves sont bonnes, car elles tiennent toujours compte des mauvaises années. Nous ne nous attendons pas à ce qu’elles s’effondrent immédiatement, mais si les choses sont à nouveau aussi décevantes l’année prochaine, ce sera une autre histoire. »
Jelmer Schreurs, analyste ABN AMRO
Cette relative stabilité est en partie due au système de contrats qui prévaut dans le secteur. Environ 80 % des ventes de pommes de terre sont réalisées sur la base d’accords contractuels conclus avant la plantation, garantissant ainsi un prix fixe aux producteurs. Le reste des volumes est vendu sur le marché libre, où les prix ont subi les plus fortes baisses.
Face à cette conjoncture défavorable, les producteurs devraient diversifier leurs cultures l’année prochaine. Selon M. Schreurs, une partie des surfaces actuellement dédiées à la pomme de terre sera réaffectée à d’autres cultures, comme les oignons et les choux.
« Une partie de cette production passera des pommes de terre aux oignons et aux choux. Nous nous attendons à ce que l’offre change et que les prix y soient déprimés. »
Jelmer Schreurs, analyste ABN AMRO
Cette évolution pourrait entraîner une baisse des prix sur ces autres marchés.
