Publié le 19 juin 2025 à 10h30. Une nouvelle arme dans la lutte contre le VIH vient d’être approuvée : le lénacapavir, un traitement préventif administré par injection seulement deux fois par an, promet de simplifier considérablement la prophylaxie pour les personnes à risque.
- Le lénacapavir, un inhibiteur de capside, bloque la réplication du virus VIH à deux étapes clés.
- Approuvé par l’Agence européenne des médicaments et la FDA américaine, il offre une alternative à la prise quotidienne de pilules pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP).
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande déjà son utilisation pour les personnes à haut risque.
Depuis sa découverte dans les années 1980, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) a cessé d’être une condamnation quasi certaine pour devenir une maladie gérable grâce aux progrès scientifiques. Cependant, la prévention de nouvelles infections demeure un défi majeur. Le VIH attaque directement le système immunitaire, affaiblissant progressivement l’organisme et le rendant vulnérable à d’autres maladies graves. Aujourd’hui, le lénacapavir offre une nouvelle perspective dans cette lutte.
Ce médicament appartient à une nouvelle génération d’antiviraux contre le VIH. Il agit comme un inhibiteur de capside, la structure protégeant le matériel génétique du virus (ARN) et les enzymes nécessaires à sa reproduction. Jusqu’à récemment, le lénacapavir était réservé aux personnes déjà infectées, notamment celles ayant développé une résistance à d’autres antirétroviraux. Mais ces derniers mois, les autorités sanitaires européennes et américaines (la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis en particulier) ont donné leur feu vert à son utilisation en prophylaxie pré-exposition (PrEP), c’est-à-dire comme traitement préventif pour les personnes séronégatives.
Ce traitement est particulièrement indiqué pour les personnes présentant un risque élevé d’infection, comme les travailleurs du sexe ou les personnes ayant un partenaire séropositif. La PrEP existait déjà sous forme de comprimé quotidien depuis 2019, mais le lénacapavir représente une avancée significative en offrant un schéma thérapeutique plus pratique : deux injections sous-cutanées par an.
Selon les spécialistes de l’Institut de chimie médicinale du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC), le lénacapavir se lie directement à la capside du VIH, provoquant sa déstabilisation. Ce mécanisme bloque le virus à deux niveaux : le transport du matériel génétique viral (ARN) à l’intérieur des cellules humaines et l’assemblage et la maturation de nouveaux virus, empêchant ainsi leur propagation. Ce double verrouillage rend le médicament particulièrement efficace, même contre les variants plus résistants.
Actuellement, le traitement traditionnel du VIH repose sur la prise quotidienne de médicaments, une approche efficace mais souvent entravée par l’oubli de doses, les difficultés d’accès aux soins ou la stigmatisation. Le lénacapavir réduit ces obstacles. Les spécialistes des maladies infectieuses soulignent qu’un schéma de deux injections par an peut améliorer l’observance thérapeutique, offrir une plus grande confidentialité et faciliter l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.

Le Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà intégré le lénacapavir dans ses nouvelles recommandations et préconise son utilisation pour les personnes à haut risque. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que ce médicament représente « une très bonne option » dans un contexte où un vaccin contre le VIH reste encore inaccessible.
Avec les informations de EFE.
