La République tchèque est à l’origine d’une avancée médicale majeure : la transplantation de cornée. Des pionniers de la chirurgie oculaire ont, dès le début du XXe siècle, permis à des patients de retrouver la vue grâce à des techniques innovantes qui continuent d’évoluer aujourd’hui.
Le 7 décembre 1905, à l’hôpital d’Olomouc, le docteur Eduard Konrád Zirm a réalisé une opération qui allait marquer l’histoire de la médecine. Alois Glogar, un homme de 45 ans ayant perdu la vue suite à des brûlures causées par de la chaux vive, a reçu une greffe de cornée prélevée sur un jeune garçon ayant subi une ablation de l’œil pour des raisons médicales. L’intervention fut un succès retentissant : Glogar a retrouvé la vue. Il s’agissait de la toute première transplantation réussie d’un organe humain.
Au début du XXe siècle, la cécité due à des lésions cornéennes était considérée comme irréversible. L’audace du docteur Zirm a donc ouvert une nouvelle ère dans le traitement de ces affections. Cette première transplantation a posé les jalons de l’ophtalmologie moderne et a établi la République tchèque comme un centre d’excellence dans ce domaine.
Cette tradition d’innovation s’est perpétuée au XXIe siècle. En 2004, le docteur Pavel Stodůlka, à la clinique ophtalmologique Gemini de Zlín, a effectué la première transplantation de cornée par la méthode DMEK (Descemet Membrane Endothelial Keratoplasty) en République tchèque. Cette technique, qui consiste à remplacer uniquement la couche interne de la cornée, est moins invasive qu’une transplantation classique. Elle permet une cicatrisation plus rapide, une meilleure acuité visuelle et une réduction des besoins en médicaments.
Plus récemment, en 2020, le centre hospitalier universitaire d’Ostrava a franchi une nouvelle étape en réalisant des transplantations de cornée en utilisant une méthode unique basée sur l’imagerie 3D. Cette approche de pointe permet aux patients de bénéficier des traitements les plus modernes sans avoir à se déplacer vers les grandes villes ou la capitale.
