Publié le 2025-12-31 02:44:00. Des chercheurs de l’Université d’éducation de Hong Kong (EdUHK) ont mis au point un nouveau matériau biocompatible qui pourrait améliorer l’efficacité des immunothérapies contre le cancer, en stimulant le système immunitaire à mieux reconnaître et détruire les cellules tumorales.
- Le cancer demeure une cause majeure de décès à Hong Kong, représentant 30 % des décès liés aux maladies en 2025.
- La nouvelle technologie, basée sur une nanomatrice de silice, vise à surmonter les limites des traitements actuels comme la chimiothérapie, la thérapie par cellules CAR-T et la thérapie par cellules dendritiques (DC).
- Les premiers résultats en laboratoire indiquent une capacité à inhiber la croissance tumorale, prolonger la mémoire immunitaire et améliorer la précision du ciblage des cellules cancéreuses.
À Hong Kong, le cancer continue de représenter un défi de santé publique majeur. En 2025, il est responsable de 30 % de tous les décès liés aux maladies. Si la chimiothérapie reste un pilier du traitement, elle s’accompagne souvent d’effets secondaires importants et d’un risque de récidive. Ces dernières années, la thérapie par cellules T à récepteur d’antigène chimérique (CAR-T) a suscité l’espoir, mais son efficacité est limitée contre les tumeurs solides, elle peut provoquer des réactions immunitaires excessives et son coût est prohibitif, atteignant plusieurs millions de dollars de Hong Kong par traitement.
La thérapie par cellules dendritiques (DC) représente une alternative prometteuse. Elle consiste à prélever des monocytes du patient, à les cultiver en laboratoire avec des antigènes tumoraux pour les transformer en cellules dendritiques matures, puis à les réinjecter dans l’organisme afin de stimuler le système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses. Bien que généralement moins toxique que la chimiothérapie, la thérapie DC présente des résultats variables et sa fabrication est complexe et coûteuse.
Pour pallier ces inconvénients, une équipe de recherche dirigée par le professeur Yung Kin-lam, titulaire de la chaire de biologie et de neurosciences à l’EdUHK et vice-président associé (transfert de connaissances et durabilité), a développé une nanomatrice de silice naturelle, non toxique et hautement biocompatible. Ce matériau favorise la maturation des cellules dendritiques de manière sûre et efficace, améliore la reconnaissance et la destruction des cellules cancéreuses par les cellules T et permet de contrer le mécanisme de « camouflage » des tumeurs, améliorant ainsi la précision du ciblage.
Les études menées sur des animaux ont démontré que cette nouvelle technologie est capable d’inhiber efficacement la croissance tumorale, de prolonger la mémoire immunitaire et de renforcer la durabilité de la réponse antitumorale. L’étude, menée en collaboration avec l’Université chinoise de Hong Kong, l’Université baptiste de Hong Kong et l’Université de Jinan, se distingue par le fait que l’ensemble du processus de culture des cellules dendritiques se déroule ex vivo, c’est-à-dire en dehors de l’organisme, sans dépendre de l’état immunitaire du patient. Cette approche est particulièrement intéressante pour les patients dont l’immunité est affaiblie par la chimiothérapie.
« Dans la nanomatrice de silice, les cellules dendritiques adoptent une morphologie distinctive en forme de Z qui augmente leur surface de contact, permettant une transmission plus efficace des signaux biophysiques et les distinguant des cellules dendritiques cultivées de manière conventionnelle. En exploitant des signaux biophysiques au lieu de manipulations à haut risque, nos travaux offrent une voie plus sûre et plus évolutive pour les vaccins DC. »
Professeur Yung Kin-lam, titulaire de la chaire de biologie et de neurosciences, EdUHK
Le professeur Yung souligne que le potentiel de ce nouveau matériau dépasse le traitement du cancer. L’équipe de recherche envisage d’explorer son application dans des maladies auto-immunes telles que le lupus érythémateux disséminé et la sclérose en plaques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les thérapies immunomodulatrices.
Les chercheurs prévoient de collaborer avec des hôpitaux et des laboratoires à Hong Kong et en Chine continentale afin d’accélérer le développement de protocoles de culture cellulaire, d’évaluer l’ efficacité thérapeutique de cette nouvelle approche et de faire progresser la recherche clinique.
