Publié le 22 novembre 2025 11:45:00. Une nouvelle étude révèle que l’élimination des cellules sénescentes, surnommées « cellules zombies », dans les vaisseaux sanguins pourrait améliorer significativement la santé métabolique et ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre le diabète et les maladies liées au vieillissement.
- L’élimination des cellules sénescentes des vaisseaux sanguins améliore le contrôle glycémique et réduit la masse grasse chez la souris.
- Un médicament sénolytique, la fisétine, a montré des résultats prometteurs en réduisant la sénescence endothéliale et en améliorant la tolérance au glucose, tant chez les souris que dans des échantillons humains.
- Les composés inflammatoires sécrétés par ces cellules vieillissantes, appelés phénotype sécrétoire associé à la sénescence (SASP), perturbent le métabolisme.
Des chercheurs du centre médical Cedars-Sinai ont mis en évidence le rôle crucial des cellules sénescentes dans les dysfonctionnements métaboliques. Leur travail, publié dans la revue Cell Metabolism, démontre comment le vieillissement des cellules endothéliales – celles qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins – peut perturber la régulation de la glycémie et favoriser l’inflammation chronique.
L’étude a débuté par l’induction de la sénescence chez des souris, soit par un régime riche en graisses, soit par exposition aux radiations. L’analyse des changements métaboliques qui ont suivi a révélé que l’élimination des cellules endothéliales sénescentes chez les souris obèses entraînait une réduction de la masse grasse, une amélioration du contrôle glycémique et une fonction métabolique globale optimisée. À l’inverse, la transplantation de ces cellules sénescentes chez des souris en bonne santé a induit une résistance à l’insuline et une augmentation des taux de glucose.
Les scientifiques expliquent que ces effets délétères sont liés aux composés inflammatoires sécrétés par les cellules sénescentes, regroupés sous le terme de phénotype sécrétoire associé à la sénescence (SASP). Ces composés perturbent le traitement normal des nutriments et, à terme, le métabolisme de l’ensemble de l’organisme.
Dans une seconde phase de l’étude, des souris ont été traitées avec de la fisétine, un médicament sénolytique capable d’éliminer les cellules sénescentes. Les résultats ont été encourageants : chez les souris obèses comme chez les souris de poids normal, on a observé une réduction de la sénescence endothéliale et une amélioration de la tolérance au glucose. Des effets similaires ont également été constatés lors de l’analyse d’échantillons prélevés sur six adultes obèses.
Selon les experts, ces découvertes pourraient ouvrir la voie à des thérapies ciblant la sénescence vasculaire dans divers organes, compte tenu du rôle central des vaisseaux sanguins dans la régulation du métabolisme. Cependant, ils soulignent la nécessité de mener des essais cliniques pour confirmer si ces mécanismes observés chez les animaux se traduisent également chez l’homme. Sciences en direct a également couvert cette recherche.
Cette étude représente une avancée significative dans la compréhension du lien entre le vieillissement cellulaire et les troubles métaboliques, et pourrait à terme conduire à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre le diabète et d’autres maladies associées à l’âge.
