Publié le 10 janvier 2026 à 07h40. Une récolte trop abondante ? C’est le paradoxe auquel sont confrontés les producteurs néerlandais, qui se retrouvent avec plus d’un million de kilos de légumes invendus suite à une saison de croissance particulièrement favorable.
- Les producteurs néerlandais font face à un surplus d’au moins un million de kilos de légumes.
- Ce phénomène est dû à une saison de croissance exceptionnelle en 2025 et à des exigences strictes des supermarchés en matière de taille et d’apparence.
- Des initiatives comme « No Waste Army » tentent de trouver des débouchés pour ces surplus, en proposant des solutions alternatives comme la transformation en soupe ou la vente directe aux consommateurs.
L’abondance peut parfois être un problème. C’est le cas actuellement pour de nombreux agriculteurs néerlandais, qui se retrouvent avec des quantités importantes de légumes sans acheur. Une bonne saison de croissance l’année dernière a conduit à une production record, mais le marché ne parvient pas à absorber cette offre excédentaire.
Thijs Geijer, économiste sectoriel chez ING, explique ce paradoxe : « On dit parfois que le plus grand désastre n’est pas un désastre. Parce que s’il pousse trop bien, il y a beaucoup d’offre sur le marché et donc un prix bas. » Ce surplus concerne notamment les pommes de terre, les carottes et les choux, en raison d’un printemps chaud et sec favorable à leur développement.
Le producteur Johan Pals est particulièrement touché. Il a un excédent important de choux, certains atteignant plusieurs kilos alors que les supermarchés ne souhaitent que des spécimens pesant entre 700 grammes et un kilo. Cette situation est aggravée par le fait que ses stocks de pommes de terre sont déjà pleins, ce qui l’a empêché de récolter les choux à temps et a contribué à leur croissance excessive.
« Les spécimens en supermarché pèsent entre 700 grammes et un gros kilo. Dans mon lot restant, un chou pèse déjà plusieurs kilos », explique-t-il.
Actuellement, 190 000 kilos de choux biologiques de Pals attendent un nouveau propriétaire. Il espère trouver une solution grâce à l’aide de l’association « No Waste Army », qui organise à cet effet son plus grand « sauvetage » à ce jour.
« Nous avons reçu tellement de demandes d’aide qu’il fallait faire quelque chose avec elles », explique Thibaud van der Steen, cofondateur de l’association. Les personnes intéressées peuvent contacter six producteurs répartis dans tout le pays pour récupérer un sac de légumes en échange d’une somme fixe ou faire un don à une banque alimentaire. Une autre option est de transformer les légumes en soupe ou en sauces.
Selon « No Waste Army », une des causes principales de ce gaspillage est la sévérité des critères d’acceptation des supermarchés. « La nature décide, pas la chaîne », soulignent-ils, appelant à une plus grande flexibilité.
Les supermarchés affirment déjà prendre des mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Jumbo propose par exemple des pommes plus petites, et Albert Heijn vend des épinards endommagés par la grêle. Aldi assure travailler activement avec les producteurs pour trouver des solutions en cas de surplus de légumes.
Thijs Geijer estime que les supermarchés offrent ce que les consommateurs demandent, et que les exigences de ces derniers sont de plus en plus nombreuses. Il souligne également que les consommateurs ont moins de connaissances qu’avant sur la façon de transformer des légumes inhabituels.
« Auparavant, nous étions très doués dans ce domaine. Aujourd’hui, la commodité est importante et les ménages sont plus petits. Les mini choux-fleurs et les pastèques sont populaires. La demande peut être influencée par les prix, mais les gens ne modifient pas entièrement leur alimentation pour cela. »
Thijs Geijer, économiste sectoriel chez ING
Le rôle du consommateur est donc essentiel. Il est important d’être conscient de ce qui est produit aux Pays-Bas et d’accepter les variations de récolte, qu’elles soient positives ou négatives.


