Jakarta, le 17 décembre 2025 – Une nouvelle réglementation policière indonésienne, le Perpol numéro 10 de 2025, suscite de vives critiques. Jimly Asshiddiqie, président de la Commission nationale d’accélération de la réforme de la police, dénonce des erreurs juridiques et invite à un contrôle judiciaire devant la Cour suprême.
- Jimly Asshiddiqie estime que le Perpol numéro 10/2025 comporte des lacunes importantes, notamment dans sa justification juridique.
- Il encourage les contestataires à saisir la Cour suprême pour un contrôle de constitutionnalité.
- Plusieurs observateurs, dont Mahfud MD, partagent l’avis selon lequel la réglementation contredit une décision antérieure de la Cour constitutionnelle.
Selon Jimly Asshiddiqie, le principal défaut du Perpol réside dans l’absence de prise en compte d’une décision cruciale de la Cour constitutionnelle, numéro 114/PUU-XXIII/2025, qui interdit aux policiers en activité d’occuper des postes en dehors de l’institution policière. La réglementation se base sur une loi de 2002 qui n’a pas été amendée pour tenir compte de cette décision.
« Regardez les considérations et vous verrez qu’il y a quelque chose qui ne va pas. La section considérant ne mentionne absolument pas la décision de la Cour constitutionnelle. »
Jimly Asshiddiqie, président de la Commission nationale d’accélération de la réforme de la police
Cette critique fait écho à celle de Mahfud MD, qui avait déjà souligné la contradiction entre le Perpol et la jurisprudence constitutionnelle. L’ancien président de la Cour constitutionnelle estime que la référence légale utilisée pour élaborer le Perpol est obsolète.
Face à cette situation, Jimly Asshiddiqie propose plusieurs solutions. La plus directe serait une révocation du Perpol par le chef de la police nationale, le général Listyo Sigit Prabowo. Cependant, il juge plus réaliste de saisir la Cour suprême. Une autre option, bien que moins directe, serait l’intervention du Président de la République par le biais d’un décret présidentiel modifiant les dispositions contestées.
« Ou, maintenant, c’est le “troisième” fonctionnaire qui est autorisé. À savoir le Président. Un fonctionnaire supérieur a le pouvoir d’émettre un décret présidentiel ou PP, par exemple en modifiant les règles matérielles du Perpol. Eh bien, c’est permis, c’est plus pratique. »
Jimly Asshiddiqie, président de la Commission nationale d’accélération de la réforme de la police
En attendant une résolution, Jimly Asshiddiqie souligne l’importance du principe de légalité et invite le public à se conformer à la réglementation en vigueur, même en cas de désaccord. Il invoque le principe de la « présomption de légalité » des textes de loi.
La Commission nationale de réforme de la police a annoncé qu’elle allait examiner la polémique entourant le placement de policiers dans 17 institutions. Plus d’informations sur Kompas.com
