Publié le 26 février 2024 à 14h35. Le déploiement des services de communication par satellite en Inde est sur le point d’être autorisé, à condition que les opérateurs, dont Starlink d’Elon Musk, respectent les exigences de sécurité du gouvernement. Le ministre des Télécommunications, Jyotiraditya Scindia, a annoncé que l’attribution du spectre est imminente.
- Le gouvernement indien va bientôt attribuer du spectre aux acteurs de la communication par satellite, notamment Starlink, Eutelsat One et Jio SGS.
- Les opérateurs doivent d’abord se conformer aux exigences de sécurité, notamment en garantissant que les données restent sur le territoire indien.
- Des désaccords persistent entre le ministère des Télécommunications (DoT) et l’Autorité indienne de régulation des télécommunications (Trai) concernant la tarification du spectre.
Le ministre des Télécommunications, Jyotiraditya Scindia, a indiqué que le gouvernement est sur le point de franchir une étape importante dans le développement de l’infrastructure de communication par satellite en Inde. Dans une interview accordée à PTI, il a précisé que l’attribution du spectre aux principaux acteurs du secteur – Starlink, Eutelsat One et Jio SGS – est imminente, sous réserve du respect des normes de sécurité.
Selon M. Scindia, deux obstacles majeurs doivent encore être levés. Il a expliqué :
« Il y a deux problèmes qui doivent être résolus. L’un concerne les titulaires de licence OneWeb, Reliance Jio et Starlink, qui doivent se conformer aux autorisations de sécurité concernant les passerelles internationales, garantissant que les données restent en Inde, et ainsi de suite. »
Jyotiraditya Scindia, ministre des Télécommunications
Le gouvernement a déjà attribué un spectre provisoire à ces entreprises afin de leur permettre de démontrer leur capacité à se conformer aux exigences des agences de sécurité. « Ils sont en train de le faire, ils doivent donc s’y conformer », a ajouté le ministre.
Parallèlement, le DoT et la Trai sont en désaccord sur la tarification du spectre. La Trai a récemment rejeté plusieurs propositions du DoT concernant l’attribution du spectre pour les services de communication par satellite, notamment une redevance annuelle de 5 % (contre 4 % initialement) et la suppression d’une redevance de 500 roupies par connexion en zone urbaine. Le DoT doit maintenant présenter ses arguments devant la Commission de la Communication Numérique (DCC), l’organe décisionnel suprême du secteur des télécommunications.
La DCC déterminera la marche à suivre en matière de tarification du spectre, et sa décision pourrait nécessiter l’approbation du Cabinet.
En marge de ces discussions, le gouvernement examine également la situation financière de Vodafone Idea (VIL), qui a sollicité un allègement de ses dettes, estimées à environ 200 milliards de roupies (environ 2,4 milliards d’euros), dont 119 milliards de roupies (environ 1,4 milliard d’euros) de redevances de spectre. M. Scindia a précisé que le DoT étudiait activement cette question :
« Nous y réfléchissons aujourd’hui. C’est un travail en cours au sein du Département des télécommunications. »
Jyotiraditya Scindia, ministre des Télécommunications
Le ministre a souligné qu’aucune aide n’avait encore été accordée à VIL, mais que le gouvernement avait converti ses créances en actions, détenant désormais une participation de 49 % dans l’entreprise. Sans allègement supplémentaire, VIL devra faire face à des paiements importants dans les années à venir, ce qui pourrait menacer sa pérennité et conduire à un duopole sur le marché indien des télécommunications.
M. Scindia a toutefois exprimé sa volonté de préserver la concurrence sur le marché indien, qui compte actuellement quatre opérateurs. Il a souligné que l’Inde est l’un des rares pays au monde à disposer d’un tel écosystème, avec des prix compétitifs et une large base d’abonnés pour chaque opérateur (Vodafone Idea compte près de 210 millions de clients, et BSNL, 100 millions).
