Publié le 2025-11-19 06:45:00. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution approuvant le plan de paix à Gaza proposé par l’administration Trump, une avancée diplomatique majeure entachée de réserves quant à son application et à son adhésion par les principaux acteurs du conflit.
- Le Conseil de sécurité a approuvé la résolution 2803 par 13 voix, avec deux abstentions de la Chine et de la Russie.
- Le plan prévoit la création d’un Conseil de paix (BoP) et d’une Force internationale de stabilisation (FIS) temporaire, ainsi que la reprise de l’aide humanitaire.
- Des doutes persistent quant à l’adhésion du Hamas et d’Israël, ainsi qu’à l’absence de références aux résolutions antérieures de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien.
L’adoption de la résolution 2803 marque une victoire diplomatique notable pour l’administration Trump, qui avait présenté un plan de paix en 20 points pour Gaza le 29 septembre dernier. Ce plan, élaboré en dehors du cadre des Nations unies, visait à mettre fin au conflit israélo-palestinien. L’approbation par le Conseil de sécurité, bien que non unanime, représente un pas en avant significatif dans la mise en œuvre de cette initiative.
La résolution autorise notamment le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (FIS) temporaire, chargée de garantir la sécurité dans la région, et la création d’un Conseil de paix (BoP) pour superviser le processus de transition. Elle insiste également sur la nécessité de reprendre l’aide humanitaire à Gaza et appelle au retrait des troupes israéliennes, tout en autorisant une présence de sécurité israélienne dans un périmètre défini jusqu’à ce que la bande de Gaza soit sécurisée contre toute menace terroriste. Les mandats de ces entités sont prévus jusqu’au 31 décembre 2027, avec possibilité de renouvellement et des rapports d’avancement semestriels.
Les abstentions de la Chine et de la Russie soulignent les divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité. Ces deux puissances n’ont pas exprimé d’opposition frontale au plan, mais leur abstention témoigne d’une réserve quant à son contenu et à son processus d’élaboration. Elles ont notamment souligné l’importance de respecter le droit international et les résolutions antérieures de l’ONU, ainsi que la nécessité d’une solution à deux États.
La Chine a exprimé des préoccupations quant au manque de détails concernant la structure, la composition et les termes de référence du BoP et de la FIS, ainsi qu’à l’absence d’un rôle efficace pour l’ONU. Elle a également critiqué l’invisibilité de la Palestine dans le plan et la négligence de sa souveraineté. Le représentant russe a quant à lui rappelé l’expérience malheureuse du Conseil de sécurité dans le passé, où des solutions imposées par les États-Unis avaient conduit à des résultats contraires aux attentes.
L’accueil du plan par les acteurs du conflit est mitigé. Israël a accepté la résolution à contrecœur, tout en exprimant des inquiétudes concernant la référence à « une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ». Le Hamas, en revanche, a rejeté la résolution, la qualifiant de « mécanisme de tutelle internationale » et réaffirmant son droit à la résistance armée. Le Hamas a insisté sur le fait que sa lutte contre Israël est une résistance légitime contre l’occupation.
Selon l’analyse de Ramesh Thakur, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, la résolution 2803 est l’une des plus étranges qu’il ait pu observer. Il souligne l’absence de référence aux résolutions historiques du Conseil de sécurité, telles que la résolution 242 (1967), la résolution 338 (1973), la résolution 1860 (2009), la résolution 2334 (2016) et la résolution 67/19 de l’Assemblée générale (2012). Ces résolutions, qui établissent le cadre juridique du conflit israélo-palestinien, ne sont pas mentionnées dans la résolution 2803.
L’avenir de ce plan de paix reste incertain. La question de savoir si la résolution 2803 permettra de restaurer la centralité de l’ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, ou si elle portera atteinte à sa crédibilité déjà fragilisée, dépendra de la capacité des parties prenantes à surmonter leurs divergences et à s’engager dans un dialogue constructif.
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Ramesh Thakur, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, est professeur émérite à l’Université nationale australienne et membre de l’Institut australien des affaires internationales. Il est ancien chercheur principal au Toda Peace Institute et rédacteur en chef de Le traité d’interdiction nucléaire : un recadrage transformationnel de l’ordre nucléaire mondial.
