Publié le 27 novembre 2025 à 14h27. Le Venezuela a révoqué les licences de plusieurs compagnies aériennes internationales, accusées de collusion avec des actions américaines qu’il qualifie de terroristes, intensifiant une crise aérienne liée aux tensions régionales et à la présence militaire américaine dans la zone.
- Le gouvernement vénézuélien a annulé les autorisations de vol de TAP Air Portugal, Iberia, Avianca, Latam Colombia, Turkish Airlines et Gol Linhas Aéreas.
- Cette décision fait suite à un ultimatum de 48 heures aux compagnies aériennes pour reprendre leurs opérations, après qu’elles aient suspendu leurs vols en raison de préoccupations de sécurité liées à l’espace aérien vénézuélien.
- Plusieurs pays, dont le Portugal, ont exprimé leur désaccord avec la décision vénézuélienne, soulignant la nécessité de respecter les normes de sécurité internationales.
Le régime de Nicolás Maduro justifie cette mesure radicale en affirmant que ces compagnies aériennes sont impliquées dans des « actes de terrorisme d’État » orchestrés par les États-Unis. L’Autorité nationale de l’aviation civile (AINC) a publié un message sur Instagram dénonçant ces compagnies pour avoir « suspendu unilatéralement leurs opérations aériennes commerciales ». Selon le ministre de l’Intérieur vénézuélien, Diosdado Cabello, le gouvernement « décide qui prend l’avion et qui ne le fait pas », affirmant sa souveraineté en matière de transport aérien.
Cette crise aérienne s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le Venezuela et les États-Unis. Washington a déployé le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, dans les Caraïbes, officiellement pour des opérations de lutte contre le trafic de drogue. Le président Maduro dénonce ce déploiement comme une menace directe visant à le renverser et à s’emparer des ressources pétrolières du pays. Depuis septembre, les forces américaines ont intercepté plus de 20 navires soupçonnés de trafic de drogue dans la région, entraînant la mort d’au moins 83 personnes.
Plusieurs compagnies aériennes, dont Iberia et TAP Air Portugal, ont suspendu leurs vols au-dessus du Venezuela et des Caraïbes par « extrême prudence », en réponse à une recommandation de la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, le 21 novembre, qui mettait en garde contre une détérioration de la situation sécuritaire et une intensification de l’activité militaire. TAP Air Portugal a indiqué qu’elle souhaitait poursuivre ses opérations vers le Venezuela, où elle dessert le pays depuis près de 50 ans, mais que cela était impossible en l’état actuel des choses, en raison du « manque de conditions de sécurité » imposées par ses propres normes et par l’Autorité nationale de l’aviation civile portugaise (ANAC).
Le gouvernement portugais a fermement réagi à l’ultimatum vénézuélien, affirmant qu’il « ne cède pas aux menaces, aux ultimatums ou aux pressions de quelque nature que ce soit ». Le ministre de l’Infrastructure et du Logement, Miguel Pinto Luz, a souligné que le Portugal respecte les règles internationales et les meilleures pratiques de sécurité en matière d’aviation civile. Dans une publication sur le réseau social X, il a affirmé que le Portugal est un « pays libre, souverain et responsable » qui agira « toujours avec sérénité, fermeté et sens de l’État ». Voir le tweet de Miguel Pinto Luz
Au Parlement, le ministre des Affaires étrangères a qualifié la réaction des autorités vénézuéliennes de « disproportionnée ». Pour l’instant, seules Copa Airlines, Wingo, Boliviana de Aviación, Satena, Avior et Conviasa (compagnie aérienne appartenant à l’État vénézuélien) continuent à opérer dans le pays. Les compagnies Lasers et Stars, opérant sous les marques Plus Ultra et Iberojet, ont annoncé la suspension de leurs vols vers Madrid à partir du 1er décembre, suite aux avertissements de l’Autorité aéronautique espagnole (AESA).
avec agences
