Home NouvellesLatam confirme la suspension de ses vols vers le Venezuela et rejoint près d’une douzaine de compagnies aériennes | Économie

Latam confirme la suspension de ses vols vers le Venezuela et rejoint près d’une douzaine de compagnies aériennes | Économie

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 novembre 2025 à 12h10. Plusieurs compagnies aériennes, dont la plus importante d’Amérique latine, Latam Airlines, ont suspendu leurs vols vers le Venezuela suite à une alerte de sécurité émise par les autorités américaines, exacerbant les tensions dans la région.

  • Latam Airlines a confirmé l’annulation de ses vols vers Caracas après l’avis de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine recommandant une « extrême prudence » pour les vols au-dessus du Venezuela et des Caraïbes.
  • Au moins sept compagnies aériennes ont désormais suspendu leurs liaisons vers le Venezuela, alors que les États-Unis maintiennent une présence militaire accrue dans la région.
  • Turkish Airlines, Iberia, TAP, Gol, Avianca et d’autres ont également annulé des vols, tandis que certaines compagnies aériennes vénézuéliennes continuent de fonctionner normalement.

La décision de Latam Airlines, la plus grande compagnie aérienne d’Amérique latine, de suspendre ses vols vers Caracas ce lundi, fait suite à l’avis publié vendredi par la FAA. Cet avis appelait à une « extrême prudence » pour les vols au-dessus du Venezuela et du sud de la mer des Caraïbes. La compagnie a déclaré que sa priorité absolue est la sécurité de ses passagers et de ses équipages.

« Nous avons décidé d’annuler préventivement l’exploitation des vols sur la route Bogotá-Caracas-Bogotá le 24 novembre », a précisé Latam, ajoutant qu’elle continuera à surveiller la situation quotidiennement pour informer ses passagers.

Turkish Airlines a également pris en compte l’alerte américaine et a annulé ses vols réguliers vers Caracas entre le 24 et le 28 novembre, selon Marisela de Loaiza, présidente de l’Association des compagnies aériennes du Venezuela (ALAV). Un agent du service client de Turkish Airlines a confirmé que certains vols avaient été annulés sur cette période, sans préciser lesquels.

Samedi, Iberia (Espagne), TAP (Portugal), Gol (Brésil) et Avianca (Colombie) avaient déjà annoncé l’annulation de leurs vols. En septembre dernier, Caribbean Airlines (Trinité-et-Tobago-Jamaïque) avait également signalé la suspension temporaire de ses opérations aériennes entre Trinité-et-Tobago et le Venezuela.

Malgré ces annulations, certaines compagnies aériennes vénézuéliennes maintiennent leurs vols. Rutaca, Laser, Estelar et Venezolana de Aviación ont annoncé qu’elles opèrent normalement, partageant leurs numéros de téléphone et autres canaux de communication sur leurs comptes Instagram. Rutaca dessert Cuba et Trinité-et-Tobago, Venezolana de Aviación propose un vol vers Panama, Laser propose des itinéraires vers l’Espagne et Curaçao, tandis qu’Estelar dessert l’Amérique centrale et l’Europe. Avior, une autre compagnie aérienne vénézuélienne, a également indiqué qu’elle maintiendrait ses vols nationaux et internationaux, tandis que la compagnie colombienne Wingo a déclaré que ses opérations se déroulaient normalement.

Cette situation intervient dans un contexte de tensions géopolitiques. En août dernier, l’administration Trump avait ordonné un déploiement militaire dans la mer des Caraïbes, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue. Le gouvernement vénézuélien, dirigé par Nicolas Maduro, interprète ce déploiement comme une « menace » d’« invasion » et une tentative de « changement de régime ».

Ramesh Lutchmedial, ancien directeur général de l’aviation civile de Trinité-et-Tobago, a cependant estimé que l’avis de la FAA n’implique pas un « conflit imminent », mais qu’il s’agit d’une recommandation aux compagnies aériennes américaines d’être prudentes et de signaler leurs itinéraires de vol à la FAA.

Selon le Washington Post, la Maison Blanche aurait récemment envisagé de larguer des tracts depuis des avions militaires américains au-dessus de Caracas pour faire pression sur Maduro. Ces tracts contiendraient des informations sur la récompense de 50 millions de dollars offerte pour toute information permettant l’arrestation de Maduro, une somme doublée en août par Washington, qui accuse le président vénézuélien de « narcoterrorisme ».

Lundi, le Département d’État américain a désigné le Cartel des Soleils, une organisation peu connue liée, selon Washington, aux dirigeants de l’armée et du gouvernement vénézuélien, comme groupe terroriste étranger (FTO), ce qui ne manquera pas d’ajouter aux tensions dans la région.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.