Publié le 22 novembre 2023 17h35. Plusieurs géants du transport aérien, dont Air France-KLM et Lufthansa, ont manifesté un intérêt formel pour le rachat d’une part importante de la compagnie aérienne portugaise TAP Air Portugal, lançant ainsi une phase décisive dans le processus de privatisation.
- Air France-KLM, Lufthansa et International Airlines Group (IAG) figurent parmi les candidats ayant exprimé un intérêt.
- Parpública, l’agence publique chargée de la privatisation, dispose de plusieurs mois pour évaluer les offres et sélectionner les soumissionnaires.
- Le processus de privatisation pourrait prendre environ un an, selon le gouvernement portugais.
L’intérêt formel d’Air France-KLM, de Lufthansa et d’International Airlines Group (IAG), maison mère de British Airways et Iberia, a été confirmé avant la date limite fixée au 16h59. Parpública, l’entreprise publique responsable de la gestion du patrimoine de l’État, va désormais entamer une phase d’analyse approfondie. D’ici le 12 décembre, elle devra établir un rapport détaillant les parties intéressées et évaluer leur conformité aux critères stricts définis dans le cahier des charges.
Ces critères incluent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 5 milliards d’euros au cours d’au moins l’une des trois dernières années, une solide expérience dans le secteur aéronautique, une capacité financière avérée et une adéquation globale avec les objectifs de la privatisation. Les candidats retenus seront ensuite invités à soumettre des propositions non contraignantes dans un délai maximal de 90 jours.
Ces propositions devront être particulièrement détaillées, précisant non seulement le prix d’achat des actions, mais également les modalités de financement de l’opération, les plans d’investissement prévus pour moderniser la flotte, renforcer la maintenance et l’ingénierie, et développer l’utilisation de carburants durables. Les candidats devront également démontrer leur engagement envers les employés et présenter leur vision stratégique, notamment en ce qui concerne une éventuelle augmentation de leur participation dans le capital de TAP.
Parpública disposera ensuite de 30 jours pour préparer un nouveau rapport à soumettre au gouvernement. Si des clarifications sont nécessaires, le processus sera suspendu jusqu’à réception des réponses des candidats. Le Conseil des ministres, sur la base de ce rapport, sélectionnera les candidatures les plus prometteuses et les invitera à présenter des propositions contraignantes, dans un délai maximal de 90 jours.
Cette troisième étape impliquera un examen approfondi des informations et la soumission de propositions juridiquement engageantes. Le Conseil des ministres pourra toutefois réduire le délai de soumission des propositions contraignantes, fixé initialement à 90 jours, dans la lettre d’invitation. Une fois les propositions contraignantes reçues, Parpública aura 30 jours pour rédiger un rapport final, un délai susceptible d’être prolongé sur demande motivée du Conseil des ministres.
Ce rapport servira de base à la sélection de la meilleure offre, ou à l’ouverture d’une phase de négociation pour affiner les propositions et parvenir à un accord définitif. Enfin, le Conseil des ministres approuvera les termes des contrats de vente, qui devront être signés par l’acheteur dans un délai de 15 jours. L’État convoquera ensuite une assemblée générale de TAP pour approuver les résolutions nécessaires à la finalisation de la privatisation et à la mise en œuvre du plan industriel et stratégique convenu.
Le gouvernement portugais estime que l’ensemble du processus de privatisation de TAP – qui inclut également Portugália, TAP Health Care Unit, Cateringpor et SPdH (anciennement Groundforce) – prendra environ un an, bien que le calendrier final dépende des autorisations réglementaires. L’objectif est de céder jusqu’à 44,9% du capital de TAP, tout en réservant 5% aux employés. Si cette part destinée aux travailleurs n’est pas entièrement souscrite, le futur repreneur disposera d’un droit de préférence.
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