Publié le 12 novembre 2025 à 20h28. Le gouvernement brésilien propose une législation controversée permettant la vente aux enchères publiques de cryptomonnaies saisies dans le cadre d’enquêtes criminelles, une mesure présentée comme un coup porté aux organisations criminelles, mais qui soulève des questions sur les droits des suspects.
- Une nouvelle loi permettrait de liquider les cryptomonnaies saisies avant la fin des procédures judiciaires.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre le crime organisé, notamment après une opération policière meurtrière à Rio de Janeiro.
- Parallèlement, la banque centrale brésilienne renforce la réglementation des sociétés de cryptomonnaies.
Le gouvernement brésilien a soumis au Congrès un projet de loi, référencé 5.582/2025, autorisant les institutions financières à vendre aux enchères des cryptomonnaies – dont le Bitcoin (BTC) – confisquées lors d’investigations criminelles. Cette proposition intervient alors que le Brésil intensifie sa lutte contre le crime organisé, et notamment contre des groupes puissants comme le Comando Vermelho.
L’objectif affiché est de frapper les gangs à leur point faible : leurs finances. Selon les autorités, cette mesure s’inscrit dans un « projet de loi anti-faction » plus large, visant à modifier la législation sur les organisations criminelles et le code de procédure pénale brésilien. La loi permettrait de traiter les cryptomonnaies de la même manière que les devises étrangères, les chèques ou les titres, en autorisant leur liquidation avant le jugement définitif.
Le calendrier de cette proposition est notable. Elle survient quelques jours seulement après une opération policière d’envergure dans les favelas de Rio de Janeiro, qui a fait 121 morts, pour la plupart des membres présumés de gangs. Plus de 2 500 policiers ont participé à cette opération visant les dirigeants du Comando Vermelho, considérée comme la descente de police la plus meurtrière de l’histoire du pays.
Parallèlement à cette initiative législative, la banque centrale du Brésil procède à une réforme majeure de la réglementation des cryptomonnaies. De nouvelles règles ont été publiées, exigeant que les entreprises opérant dans ce secteur soient agréées et qu’elles détiennent des réserves de capital allant de 2 millions à 37,2 millions de reais (environ 10,8 à 37,2 millions de dollars américains), en fonction de leurs activités. Ces règles, qui entreront en vigueur en février, classent un large éventail d’activités liées aux cryptomonnaies dans le cadre des lois brésiliennes sur les changes et les marchés de capitaux, et imposent des obligations de déclaration pour les transactions internationales, y compris celles impliquant des stablecoins et des transferts vers des portefeuilles de garde, avec un plafond de 100 000 dollars par transaction.
Le projet de loi anti-faction est actuellement examiné en urgence au Congrès et doit être soumis au vote d’ici le 18 décembre. La question de savoir ce qui adviendra des fonds si les suspects sont finalement acquittés n’a pas encore été clarifiée.
