Publié le 14 janvier 2026 04:58:00. Une étude révolutionnaire remet en question des décennies de certitudes en paléontologie : des dinosaures cératopsidés, traditionnellement associés à l’Amérique du Nord et à l’Asie, auraient également vécu en Europe.
- L’analyse d’un fossile hongrois, Ajkaceratops kozmai, révèle des caractéristiques typiques des cératopsidés, des dinosaures à cornes.
- De nombreux fossiles européens, auparavant classés comme des iguanodontidés, sont en réalité des cératopsidés mal identifiés, dont Zalmoxes alqiperorum, désormais renommé Ferenceratops alqiperorum.
- Cette découverte suggère que l’Europe a pu servir de corridor biogéographique entre l’Asie et l’Amérique du Nord pour ces dinosaures.
Pendant des décennies, la communauté scientifique a considéré que les dinosaures cératopsidés, reconnaissables à leurs cornes et à leur collerette osseuse, n’avaient jamais foulé le sol européen. Cette idée, largement diffusée dans les musées et les ouvrages de paléontologie, s’est effondrée grâce à une analyse approfondie de fossiles déjà présents dans les collections européennes.
Une équipe internationale de paléontologues, dirigée par Susannah CR Maidment, a utilisé des technologies de pointe, telles que la tomodensitométrie et la modélisation 3D, pour examiner les restes d’Ajkaceratops kozmai, un dinosaure découvert en Hongrie. Les résultats sont sans appel : le crâne présente un bec en forme de crochet et un palais voûté, des traits caractéristiques des cératopsidés.
« En analysant le crâne, nous avons trouvé un bec en forme de crochet et un palais voûté, traits caractéristiques des cératopsidés »
Susannah CR Maidment, directrice de l’étude
Jusqu’à présent, de nombreux fossiles européens avaient été incorrectement classés comme appartenant à la famille des iguanodontidés, en raison de similitudes superficielles. Cette confusion s’explique par le fait que les deux familles partagent un ancêtre commun et ont développé des caractéristiques similaires par convergence évolutive.
L’absence de vestiges complets et le mauvais état de conservation des fossiles européens ont longtemps entravé les recherches. Cependant, la réévaluation des spécimens existants a permis d’identifier d’autres cératopsidés mal classés. L’un des exemples les plus frappants est celui de Zalmoxes alqiperorum, un dinosaure roumain qui a été renommé Ferenceratops alqiperorum en hommage au paléontologue austro-hongrois Franz Nopcsa, pionnier dans l’étude des dinosaures européens.
Cette découverte a des implications majeures pour notre compréhension de l’évolution des dinosaures ornithischiens et remet en question l’idée d’une faune européenne distincte durant le Crétacé. L’Europe, fragmentée en îles à cette époque, aurait pu servir de corridor biogéographique permettant la dispersion des espèces entre l’Asie et l’Amérique du Nord.
Les scientifiques prévoient désormais un examen approfondi des fossiles conservés dans les musées européens, soulignant que de nombreux spécimens pourraient avoir été mal identifiés dans le passé. Les nouvelles technologies ouvrent la voie à une réinterprétation des fragments anciens et à une réécriture de l’histoire paléontologique avec une précision accrue.
« Ce que nous pensons savoir n’est peut-être que la première ébauche de la vérité. »
Auteurs de l’étude, Nature

