Publié le 13 octobre 2023 07:43:00. Les caisses d’épargne coréennes anticipent une forte augmentation de leurs cotisations à la garantie des dépôts, une charge qui pourrait se répercuter sur les taux d’intérêt des prêts pour les consommateurs. Cette hausse est due à la fois à l’élargissement de la protection des dépôts et à une réévaluation des risques spécifiques au secteur.
- Les cotisations annuelles de certaines caisses d’épargne pourraient augmenter jusqu’à 10 %.
- La Société coréenne d’assurance des dépôts (KDIC) a récemment informé les caisses d’épargne des ajustements à venir.
- Le secteur craint que ces coûts supplémentaires ne soient répercutés sur les emprunteurs.
Le secteur des caisses d’épargne coréennes se prépare à une augmentation significative de ses contributions à la garantie des dépôts. Selon des sources du secteur financier, la Société coréenne d’assurance des dépôts (KDIC) a organisé une réunion d’information le 29 septembre dernier pour expliquer aux représentants de la Fédération coréenne des caisses d’épargne et des principales institutions les modalités de calcul de ces nouvelles cotisations. Cette initiative fait suite à des inquiétudes exprimées par les caisses d’épargne, confrontées à une détérioration de leurs conditions d’activité.
En juin dernier, la KDIC avait déjà confirmé une révision de son système d’évaluation différentielle, qui influe sur le montant des cotisations. Parmi les 269 institutions financières assurées, dont les caisses d’épargne, 11 ont vu leur notation abaissée de la note A+ et 11 ont bénéficié d’une amélioration, avec des notes C et C+. Les institutions les mieux notées (A+ et A) bénéficient de cotisations réduites, tandis que celles avec des notes plus faibles (C et C+) sont soumises à des majorations.
Bien que les chiffres précis n’aient pas été rendus publics, il semblerait que la proportion de caisses d’épargne obtenant des notations moins favorables ait augmenté en raison de la conjoncture économique actuelle. Certaines institutions pourraient ainsi voir leurs cotisations augmenter de 7 à 10 % en raison d’une baisse de la qualité de leurs actifs et de leur rentabilité. La réunion du 29 septembre a principalement porté sur cette évaluation différentielle et les mesures à prendre pour améliorer les notations futures.
Les caisses d’épargne supportent déjà une charge importante en matière de cotisations à la garantie des dépôts, en raison de leur gestion de comptes spéciaux hérités de la crise des caisses d’épargne de 2011. Le taux standard actuel de 0,4 % est plus de deux fois supérieur à celui appliqué aux banques (0,08 %), aux compagnies d’assurance et de valeurs mobilières (0,15 %) et aux mutuelles (0,2 %). Ce taux est proche du plafond autorisé de 0,5 %.
De plus, l’annonce en mai dernier d’une augmentation du plafond de protection des dépôts a entraîné une hausse des dépôts détenus par les caisses d’épargne, ce qui alourdit encore le fardeau des cotisations. Selon les données de la Banque de Corée, les dépôts supérieurs à 50 millions de wons (environ 37 000 euros) ont augmenté de 5,4 % en juin, tandis que les dépôts inférieurs à ce montant n’ont progressé que de 0,4 %.
Le secteur craint que cette augmentation des cotisations ne se traduise par une hausse des taux d’intérêt des prêts. La plupart des caisses d’épargne intègrent en effet ces frais dans le calcul des intérêts, contrairement à d’autres institutions financières qui les excluent conformément aux nouvelles normes de 2023.
« Dans un contexte où la plupart des caisses d’épargne voient leur solidité financière et leur rentabilité se détériorer, l’application de taux d’évaluation différentiels et l’absence d’amélioration des notations sont préoccupantes. De plus, avec l’augmentation du plafond de protection des dépôts, les cotisations payées par chaque caisse d’épargne devraient augmenter d’environ 10 % par an, ce qui représente un fardeau accru pour l’ensemble du secteur. »
Responsable du secteur des caisses d’épargne
