Publié le 27 décembre 2025 23:43:00. À Coonabarabran, en Nouvelle-Galles du Sud, une initiative originale permet aux résidents d’une maison de retraite atteints de démence de retrouver un sentiment d’utilité et de dignité grâce à un atelier d’activités manuelles conçu sur mesure.
- Un tableau d’activités de (1,8 m x 0,9 m) propose une trentaine de manipulations concrètes, inspirées du quotidien des agriculteurs et mécaniciens.
- L’idée, portée par un bénévole revenu dans sa ville natale, vise à offrir une alternative aux activités souvent trop infantiles proposées aux personnes âgées.
- Des experts soulignent l’importance de stimuler le cerveau et de maintenir l’autonomie des personnes atteintes de démence par le biais d’occupations significatives.
Au centre de soins pour personnes âgées Cooinda, à Coonabarabran, une nouvelle approche est mise en œuvre pour stimuler les capacités cognitives et motrices des résidents atteints de démence. Loin des activités traditionnelles souvent perçues comme trop simplistes, un atelier d’activités manuelles spécialement conçu offre aux patients un espace d’engagement concret et familier.
L’initiative est née de l’esprit de Mitchell Brain, un habitant de Coonabarabran qui, après un séjour à l’extérieur, a souhaité s’investir dans sa communauté en tant que bénévole à Cooinda. Constatant le manque d’options adaptées aux adultes ayant une expérience de vie riche, il a eu l’idée de créer un tableau d’activités qui résonne avec leurs souvenirs et leurs compétences.
« Je voulais simplement créer quelque chose que les gens reconnaîtraient et dans lequel ils pourraient s’impliquer. »
Mitchell Brain
Ce tableau, mesurant (1,8 m) de large sur (90 cm) de haut, est installé à l’abri dans les jardins de l’établissement. Il propose une trentaine d’activités pratiques, allant de la manipulation de boulons et d’écrous à la simulation de réparations mécaniques. L’objectif est de solliciter les gestes et les réflexes acquis au cours d’une vie, en particulier chez les anciens agriculteurs et mécaniciens qui constituent une part importante de la population locale.
« L’idée de base est d’impliquer les résidents dans des actions concrètes, des manipulations simples qui leur rappellent leur passé », explique M. Brain. « Il s’agit de pousser, de tirer, d’appuyer sur des éléments, de reproduire des gestes familiers. »
L’atelier est construit à partir de véritables composants mécaniques, notamment des bougies d’allumage et des pièces provenant d’un vieux moteur de tondeuse à gazon. Ces matériaux ont été soigneusement sélectionnés pour évoquer les souvenirs et les compétences des résidents. M. Brain a veillé à la solidité et à la durabilité de l’ensemble, afin qu’il puisse résister à une utilisation intensive.
Sharon Edmonstone, coordinatrice du style de vie chez Cooinda, souligne l’importance de cette initiative, née de conversations avec les résidents sur leur ancienne vie professionnelle. « Nous avons souvent des résidents qui étaient agriculteurs et qui ont toujours envie de vérifier les machines et de réparer les choses », explique-t-elle. « Nous avons donc pensé à créer un espace qui leur permettrait de continuer à exercer ces activités. »
Selon Mme Edmonstone, les panneaux d’activités commerciaux existants ne répondent pas toujours aux besoins des adultes. « Ils sont souvent trop enfantins », déplore-t-elle. « Nous recherchions quelque chose de plus adapté à l’âge et à l’expérience de nos résidents. »
Grâce à cet atelier, les résidents de Cooinda peuvent désormais se replonger dans leurs souvenirs et retrouver un sentiment d’utilité. « Ils adorent venir réparer les bougies d’allumage, bricoler sur le moteur de la tondeuse à gazon… Cela stimule leurs connaissances et leur donne un peu de dignité, car ce sont des activités réelles », se réjouit Mme Edmonstone.
Bruce McDermaid, de la Dubbo Dementia Alliance, confirme l’intérêt de ce type d’activités pour les personnes atteintes de démence. « S’engager dans n’importe quelle activité est excellent pour les personnes atteintes de démence, car cela stimule le cerveau », explique-t-il.
« De nombreuses études ont montré que l’utilisation du cerveau prolonge son activité et son fonctionnement. »
Bruce McDermaid
M. McDermaid souligne également l’importance du sentiment d’accomplissement procuré par les tâches manuelles. « L’activité physique et la dextérité diminuent au cours de la progression de la démence. Être capable de réaliser des tâches quotidiennes normales devient un défi pour les personnes atteintes de démence avancée, mais cela leur apporte également un sentiment de satisfaction », précise-t-il. Il ajoute que cette approche est particulièrement bénéfique pour les hommes qui ont consacré leur vie à des travaux manuels.
« Surtout pour ceux qui ont utilisé leurs mains toute leur vie et qui n’ont peut-être jamais fait de mots croisés, ce sont des activités qui les stimulent, leur offrent un défi et leur donnent un but tout au long de la journée. »
