Publié le 26 août 2023 14:35:00. À la veille du sommet du G20 à Johannesburg, la Turquie a mis en avant son rôle croissant dans la diplomatie humanitaire et la médiation des conflits, notamment en Afrique, en proposant une nouvelle approche de la coopération internationale.
- La Turquie s’affirme comme un acteur majeur de la diplomatie humanitaire au cours des deux dernières décennies.
- Un panel d’experts a souligné l’importance d’une coopération renforcée entre les puissances moyennes pour répondre aux crises mondiales.
- La devise du président Erdogan, « Le monde est plus grand que cinq », a été présentée comme un appel à une réforme de l’ordre international.
La Direction des communications de Turquie a organisé ce samedi une table ronde consacrée aux efforts de médiation du pays, son rôle dans les processus de paix et son modèle de réponse rapide et coordonné aux crises. Cette initiative s’inscrit dans la préparation du sommet des dirigeants du G20 qui se tiendra à Johannesburg.
Le thème central de la discussion, intitulé « La diplomatie humanitaire et l’assistance de la Turquie dans la résolution pacifique des conflits », a permis d’examiner en profondeur l’approche singulière de la Turquie en matière de consolidation de la paix et d’assistance humanitaire, alors que les crises humanitaires se multiplient à travers le monde. Les participants ont également abordé les menaces croissantes pour la sécurité à l’ère numérique et le manque de leadership au niveau international, insistant sur la nécessité de privilégier la diplomatie, la communication stratégique et les mécanismes pacifiques de résolution des différends.
Modérée par Kilic Bugra Kanat, membre du Conseil de sécurité et de politique étrangère de la présidence turque, la table ronde a réuni des personnalités de premier plan, parmi lesquelles le professeur William Gumede de l’École de gouvernance de l’Université de Witwatersrand, le professeur Erman Akıllı de l’Université Ankara Hacı Bayram Veli, le Dr Liaqat Alli Azam, PDG du Leading Like Mandela Leadership Institute, le Dr Tunc Demirtas de l’Université de Mersin et chercheur à la SETA, ainsi que Daryl Swanepoel, PDG de l’Inclusive Society Institute.
Les intervenants ont mis en évidence l’engagement croissant de la Turquie en Afrique, soulignant que, sous la direction du président Recep Tayyip Erdogan, le pays est devenu un acteur clé de la diplomatie humanitaire. Ils ont précisé que la Turquie intervient non seulement comme fournisseur d’aide humanitaire dans des pays tels que la Somalie, la Libye, le Soudan et l’Ukraine, mais également comme acteur de paix, mobilisant des outils diplomatiques, politiques, sécuritaires et de développement de manière intégrée.
La crise mondiale de leadership et de gouvernance a été pointée du doigt comme un facteur aggravant des tragédies humanitaires, les institutions internationales existantes étant jugées incapables de relever ces défis. Les participants ont estimé qu’une coopération accrue entre les puissances moyennes pourrait apporter une solution, la Turquie et l’Afrique du Sud, fortes de leur expérience en matière de diplomatie humanitaire et de médiation, pouvant jouer un rôle essentiel dans la promotion de la paix mondiale.
Une proposition a été avancée concernant la création d’une plateforme de solidarité humanitaire, permettant aux puissances moyennes de développer des mécanismes de réponse rapide et durable aux « crises oubliées », en particulier sur le continent africain. Les participants ont également insisté sur le fait que les injustices et les problèmes de représentation au sein du système international sont devenus inacceptables.
La célèbre devise du président Erdogan, « Le monde est plus grand que cinq », a été interprétée non seulement comme une position politique, mais également comme un appel humanitaire et éthique à une réforme profonde de l’ordre international. Pour parvenir à une paix durable, il est impératif, selon les intervenants, de placer la justice, les valeurs humanitaires, un leadership efficace et la responsabilité éthique au cœur des relations internationales.
La table ronde s’est conclue sur la conviction qu’un système international juste, humain et durable est réalisable, la Turquie ayant développé un modèle global combinant diplomatie humanitaire, médiation, aide au développement et communication stratégique pour promouvoir la paix et la stabilité dans les zones de crise.
