Publié le 26 octobre 2025 20h32. L’ouragan Mélissa, en progression rapide, menace plus d’1,6 million d’enfants dans les Caraïbes, suscitant une vive inquiétude quant aux risques d’inondations, de vents violents et de déplacements de populations.
- L’UNICEF alerte sur le danger que représente l’ouragan Mélissa pour 1,6 million d’enfants dans la région des Caraïbes.
- Haïti a déjà déploré trois décès liés aux intempéries, tandis que des milliers de personnes en République dominicaine sont privées d’eau potable.
- Les autorités jamaïcaines ont activé les protocoles d’évacuation face à la menace imminente d’un ouragan majeur.
L’ouragan Mélissa gagne en intensité et progresse lentement – à environ 6 kilomètres par heure – vers la Jamaïque, où il pourrait toucher terre entre lundi et mardi en tant qu’ouragan majeur, selon les prévisions du Centre national des ouragans des États-Unis. La Jamaïque, Cuba, Haïti et la République dominicaine sont placées en état d’alerte face aux pluies torrentielles, aux crues soudaines et aux glissements de terrain qui devraient persister durant une grande partie de la semaine. Après avoir traversé ces îles, le cyclone devrait se diriger vers les Bahamas.
L’UNICEF s’inquiète particulièrement de la vulnérabilité des enfants face à cette catastrophe naturelle.
« Tous les efforts de préparation aux ouragans sont essentiels pour atténuer les dégâts et prévenir les pertes de vies humaines dans les communautés les plus vulnérables, en particulier là où les petites îles sont toujours plus exposées aux risques liés aux événements météorologiques extrêmes. »
Roberto Benes, directeur régional de l’UNICEF pour l’Amérique latine et les Caraïbes
L’urgence a déjà fait des victimes. Haïti a signalé trois décès, et en République dominicaine, des milliers de personnes ont perdu l’accès à l’eau potable, nécessitant l’évacuation de plusieurs communautés. Les autorités jamaïcaines ont alerté la population sur le danger imminent, soulignant que la « fureur » de Mélissa pourrait se faire sentir sur toute l’île et ont mis en place des protocoles d’évacuation et des abris dans les zones les plus exposées.
Au-delà des risques immédiats pour la vie et les infrastructures, l’UNICEF souligne la nécessité de renforcer la préparation et la réponse aux situations d’urgence. L’agence aide à renforcer les capacités nationales à anticiper et à réagir aux catastrophes liées au climat, et à fournir des services essentiels aux enfants. Des kits d’hygiène, des tablettes de purification de l’eau, des réservoirs d’eau et des fournitures médicales ont été prépositionnés, notamment dans le sud d’Haïti, ainsi que des fonds pour aider les familles à risque. Des systèmes d’alerte précoce et de communication ont également été mis en place en collaboration avec les autorités locales.
Au cours de la dernière décennie, l’UNICEF estime qu’environ 11 millions de personnes – dont près de 4 millions d’enfants et d’adolescents – ont été touchées chaque année par des catastrophes naturelles et des urgences climatiques en Amérique latine et dans les Caraïbes. Pour 2025, l’agence a demandé 19 millions de dollars pour renforcer la capacité de préparation et de réponse, afin de limiter l’impact des cyclones, des ouragans et des crises similaires sur les populations les plus vulnérables.
Cette année, la saison des ouragans dans l’Atlantique a déjà vu la formation de treize cyclones, dont Mélissa, Erin, Gabrielle, Humberto et Imelda. Jusqu’à présent, seule Chantal a eu un impact sur le territoire américain, causant la mort de deux personnes en Caroline du Nord.
La situation actuelle appelle à une réponse internationale coordonnée. Mélissa s’ajoute à une série de phénomènes météorologiques extrêmes récents, soulignant l’urgence d’investir dans la résilience et la planification, en particulier pour les enfants et les familles vivant dans les zones les plus exposées, qu’elles soient côtières ou rurales. L’UNICEF insiste sur la nécessité de garantir un accès sûr à l’eau, à l’assainissement et à un abri comme priorité absolue dans l’assistance.
(Avec informations de l’EFE)
