Publié le 2025-12-02 05:00:00. Une recrudescence des cas de rougeole en Argentine alerte les autorités sanitaires, qui mettent l’accent sur l’importance de la vaccination pour protéger les populations les plus vulnérables.
- L’Argentine a enregistré une augmentation des cas de rougeole, notamment dans la zone métropolitaine de Buenos Aires.
- La faible couverture vaccinale chez les enfants est identifiée comme le principal facteur de risque.
- Les spécialistes insistent sur la nécessité de dépasser un taux de vaccination de 95 % pour éviter une épidémie généralisée.
L’augmentation du nombre de cas de rougeole en Argentine a déclenché une alerte épidémiologique nationale, incitant les autorités sanitaires à renforcer les efforts de prévention et à rappeler l’importance cruciale de la vaccination. Des épidémies récentes dans la zone métropolitaine de Buenos Aires (AMBA) et la détection de voyageurs infectés ayant visité plusieurs provinces ont suscité des inquiétudes quant à un possible retour de cette maladie hautement contagieuse.
Bien que le pays ait maintenu son statut d’élimination de la rougeole depuis l’an 2000, le ministère de la Santé de la Nation constate une vulnérabilité croissante due à une baisse de la couverture vaccinale chez les enfants. Des campagnes de vaccination ciblées sont donc mises en place pour les garçons et les filles âgés de six mois à quatre ans.
Le spécialiste des maladies infectieuses, Ricardo Teijeiro, a mis en garde :
« Lorsque la couverture commence à diminuer, le risque de réintroduction du virus augmente. »
Ricardo Teijeiro, spécialiste des maladies infectieuses
La rougeole est une maladie virale qui se transmet facilement par les sécrétions respiratoires émises en parlant, en toussant ou en éternuant, et par contact avec des surfaces contaminées. Sa capacité de diffusion est particulièrement élevée : jusqu’à 18 personnes peuvent être infectées par une seule personne atteinte.
Le virus peut rester actif pendant deux heures dans l’environnement, ce qui explique sa propagation rapide dans les lieux clos et fréquentés. La période de contagion s’étend de quatre jours avant l’apparition de l’éruption cutanée à quatre jours après.
La vaccination est le seul moyen de prévention efficace contre la rougeole. En Argentine, le calendrier national de vaccination prévoit l’administration du vaccin triple viral, qui protège également contre la rubéole et les oreillons. Le schéma vaccinal recommandé comprend deux doses : la première à 12 mois et la seconde à 5 ans.
Le ministère de la Santé précise que les personnes nées après 1965 doivent recevoir deux doses d’un vaccin contenant un composant contre la rougeole (double ou triple viral), administrées à un intervalle d’au moins quatre semaines. Les personnes nées avant cette date sont considérées comme immunisées grâce à une exposition naturelle au virus.
Des doses supplémentaires sont proposées lors de campagnes extraordinaires, comme celle en cours dans l’AMBA, en fonction de l’âge et des antécédents vaccinaux de chaque enfant. L’objectif est d’atteindre une couverture de 95 %, seuil fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour prévenir les épidémies. Lors de la dernière campagne, seulement 20 % de la population infantile ciblée avait été vaccinée.
Pour confirmer si une personne est protégée contre la rougeole, il est nécessaire d’avoir reçu au moins deux doses de vaccin contenant un composant antirougeoleux (double ou triple viral) après la première année de vie, ou de présenter un résultat positif à un test sérologique détectant la présence d’anticorps IgG.
Le ministère de la Santé rappelle que la vaccination est accessible à tous sans ordonnance médicale, les doses étant disponibles dans les hôpitaux et centres de vaccination publics. Les doses administrées entre 6 et 11 mois ne remplacent pas les doses prévues par le calendrier vaccinal officiel.
Les femmes enceintes ne doivent pas recevoir le vaccin double ou triple viral. Leurs contacts directs doivent donc justifier d’un schéma vaccinal complet. En cas de doute, un rattrapage vaccinal est recommandé.
La rougeole se manifeste généralement par des symptômes respiratoires, tels qu’une forte fièvre, une toux sèche, un écoulement nasal et une conjonctivite. Une à deux semaines après l’exposition au virus, des taches rouges apparaissent sur le visage avant de se propager sur l’ensemble du corps. Certains patients peuvent également présenter des taches de Koplik à l’intérieur de la bouche.
Selon la Clinique Mayo et les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les complications possibles incluent la pneumonie, l’encéphalite et les otites. L’Unicef avertit qu’un enfant de moins de cinq ans sur 20 développe une pneumonie, qu’une personne sur 1 000 peut souffrir d’encéphalite et qu’jusqu’à trois personnes sur 1 000 en décèdent.
L’évolution de la rougeole dure généralement entre une et deux semaines. L’éruption cutanée persiste environ sept jours, mais le patient reste contagieux pendant encore quatre jours après son apparition. La capacité de transmettre le virus avant l’apparition des symptômes rend la détection précoce et le contrôle des épidémies plus difficiles.
Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre et d’éruption cutanée, en particulier chez les personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou résidant dans des zones épidémiques. L’isolement des personnes infectées et une notification rapide des cas sont essentiels pour contenir la propagation du virus, soulignent-elles.
