Publié le 31 décembre 2025 à 05h02. Un patient irlandais de 76 ans a été hospitalisé après avoir présenté des symptômes étranges, notamment des mouvements involontaires de ses bras, suggérant un cas extrêmement rare de « syndrome de la main étrangère », une affection neurologique qui ne touche qu’une cinquantaine de personnes dans le monde.
- Un homme de 76 ans a été admis à l’hôpital de Waterford (Irlande) en janvier 2024, présentant des mouvements anormaux de ses membres et de la confusion.
- Les examens ont révélé des lésions cérébrales significatives, probablement causées par un accident vasculaire cérébral (AVC).
- Le « syndrome de la main étrangère » (AHS) est une condition neurologique rare où une main agit de manière autonome, sans contrôle conscient.
L’histoire de ce patient met en lumière une pathologie neurologique rarissime, le syndrome de la main étrangère (AHS), également surnommé syndrome du Dr Folamour. En janvier 2024, les soignants d’un homme de 76 ans ont trouvé ce dernier allongé sur le sol, confus et agité. L’homme se plaignait que son bras droit flottait et bougeait sans son contrôle, allant même jusqu’à heurter sa tête. Il rapportait également des hallucinations visuelles, voyant des animaux.
Rapidement, les observations se sont intensifiées. Les soignants ont noté une désorientation fréquente et des tentatives répétées du patient d’atteindre son lit, accompagnées de mouvements sporadiques de ses bras, lui causant une grande détresse. Dans les 24 heures suivant son admission, le patient a commencé à lever involontairement son bras gauche, affirmant que sa main agissait de sa propre initiative. Ces membres agrippaient fermement ses vêtements et son corps, provoquant un gonflement des mains et des bras en raison de la pression et de l’activité excessive.
L’imagerie médicale, notamment un scanner cérébral, a révélé des lésions importantes. Les médecins ont identifié un AVC dans le lobe temporal gauche, une zone du cerveau cruciale pour la compréhension du langage et la mémoire. Des dommages ont également été constatés au niveau du lobe occipital, responsable du traitement de la couleur, de la forme et du mouvement, ainsi que dans la zone du corps calleux, essentielle à la coordination des mouvements, au traitement sensoriel et aux fonctions cognitives.
Selon un rapport médical publié dans le Journal of Medical Case Reports, ces lésions cérébrales sont considérées comme la cause du syndrome de la main étrangère. Cette affection rare se manifeste par des mouvements involontaires et incontrôlés d’une main, qui semble agir indépendamment de la volonté du patient. La main affectée peut effectuer des actions complexes, comme saisir des objets, tenter de déboutonner des vêtements, voire blesser le patient ou son entourage. La main gauche est généralement la plus touchée, et les patients rapportent souvent une perte de sensation dans le membre affecté.
Depuis sa première description en 1909, seulement une cinquantaine de cas de syndrome de la main étrangère ont été recensés dans le monde. La cause exacte de l’AHS reste inconnue, mais des études suggèrent qu’elle peut survenir peu de temps avant ou pendant un AVC, comme dans le cas de ce patient. L’homme souffrait également d’antécédents d’alcoolisme, un facteur de risque connu pour la maladie de Marchiafava-Bignami (MBD), une affection neurologique rare qui provoque des lésions du corps calleux. Les médecins envisagent que l’AHS chez ce patient puisse être une manifestation de la MBD, une maladie pour laquelle seulement 300 à 400 cas ont été rapportés dans la littérature médicale.
En raison de sa rareté, il n’existe pas de traitement standard pour le syndrome de la main étrangère. Cependant, certaines recherches indiquent que la thérapie cognitivo-comportementale et les techniques de distraction pourraient aider à réduire les symptômes.
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(déc/naf)
