Téhéran a annoncé lundi 6 octobre 2025 qu’elle ne prévoyait pas de reprendre dans l’immédiat les négociations avec les puissances européennes sur son programme nucléaire, après la réactivation des sanctions internationales. Cette décision intervient en réponse à la réimposition de sanctions par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, et au rétablissement subséquent des sanctions de l’ONU.
« À ce stade, nous n’avons aucun plan de négociations », a déclaré Esmaeil Baqaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Il a précisé que Téhéran étudiait les « conséquences et implications » de ces nouvelles sanctions, initiées par les pays connus sous le nom de l’E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne). « Bien sûr, la diplomatie – dans le sens du maintien des contacts et des consultations – se poursuivra », a-t-il ajouté, soulignant que l’Iran prendrait des décisions « en fonction des intérêts et des priorités du pays » si la diplomatie s’avérait efficace.
Les pays occidentaux, menés par les États-Unis et soutenus par Israël, accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, considérant l’enrichissement de l’uranium comme une ligne rouge. L’Iran rejette fermement ces accusations, affirmant que son programme nucléaire est strictement à des fins civiles et qu’il a le droit d’enrichir de l’uranium conformément au Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP).
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul pays sans programme d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à 60 %, un niveau proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe.
En 2015, l’Iran avait conclu un accord avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine, limitant ses activités nucléaires en échange d’une levée des sanctions. En 2018, le président américain Donald Trump a décidé de se retirer de cet accord et de rétablir les sanctions. En représailles, l’Iran s’est progressivement affranchi de certains de ses engagements, notamment en matière d’enrichissement de l’uranium.
Téhéran a averti à plusieurs reprises qu’un retour des sanctions entraînerait une suspension de sa coopération avec l’AIEA. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dimanche que la coopération avec l’agence onusienne « n’était plus pertinente » suite à la réintroduction des sanctions de l’ONU, sans toutefois préciser si l’Iran envisageait de rompre complètement ses liens avec l’AIEA.
