Home AffairesL’économie américaine a clôturé 2025 avec une inflation de 2,7% | Économie

L’économie américaine a clôturé 2025 avec une inflation de 2,7% | Économie

by Amélie Bernard

Publié le 13 janvier 2026 à 15h16. L’inflation aux États-Unis a ralenti à 2,7 % en 2025, un chiffre encourageant qui soulage la pression sur la Réserve fédérale, mais la hausse des prix alimentaires continue de préoccuper les ménages américains.

  • L’inflation américaine a atteint 2,7 % en 2025, un taux supérieur à l’objectif de 2 % de la banque centrale, mais en baisse par rapport aux années précédentes.
  • L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, s’établit à 2,6 % sur un an.
  • La hausse des prix alimentaires, la plus forte depuis août, inquiète particulièrement les Américains aux revenus modestes.

L’inflation aux États-Unis a montré des signes de modération en décembre, avec une hausse des prix de 0,3 % selon les chiffres publiés ce mardi par le Bureau of Labor Statistics. Cette évolution, bien que restant au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale américaine (la Fed), marque une décélération notable après une période prolongée de forte inflation. Les analystes y voient un soulagement pour la Fed, qui pourrait ainsi maintenir sa politique monétaire actuelle.

Selon Bret Kenwell, analyste des marchés chez eToro aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation (IPC) américain est publié après une période de fermeture du gouvernement, ce qui dissipe les craintes d’une accélération durable de l’inflation.

« L’IPC américain est mis à jour après la fermeture du gouvernement et élimine la crainte d’une augmentation durable de l’inflation. Après un rebond mi-2025, nous commençons à constater une baisse de l’inflation. »

Bret Kenwell, analyste des marchés eToro aux États-Unis

Cependant, la situation reste contrastée. Si l’inflation des services, qui représente la majeure partie de l’IPC, diminue lentement, l’inflation des biens continue de progresser légèrement. Le secteur alimentaire est particulièrement préoccupant, avec une augmentation des prix qui atteint son plus haut niveau depuis août et le deuxième plus élevé des douze derniers mois. Cette hausse pourrait peser lourdement sur le budget des ménages américains les plus fragiles.

La crise du coût de la vie et de l’accessibilité financière est au cœur des préoccupations politiques aux États-Unis. Les difficultés rencontrées par les familles pour se loger, acquérir un véhicule ou payer leurs dépenses courantes sont devenues un enjeu majeur pour l’administration Trump.

Michael Pearce, économiste en chef pour les États-Unis chez Oxford Economics, estime que ces nouvelles données sur l’inflation atténuent le dilemme de la Réserve fédérale.

« Les nouvelles encourageantes sur l’inflation contribuent à atténuer le dilemme de la Réserve fédérale. Nous espérons que les responsables seront disposés à rester en attente pendant une période prolongée en attendant de voir l’impact de leur récente série de baisses de taux, mais avec la disparition des craintes inflationnistes, les décideurs politiques se sentiront plus libres de réagir aux risques baissiers sur le marché du travail si les conditions se détériorent. »

Michael Pearce, économiste en chef pour les États-Unis chez Oxford Economics

Le logement, qui représente plus d’un tiers du panier de l’IPC, a connu une hausse de 0,4 % en décembre, contribuant significativement à l’augmentation mensuelle. Sur un an, les prix du logement ont augmenté de 3,2 %. L’énergie, en particulier le gaz et l’électricité, a également exercé des pressions sur les prix, malgré une baisse des prix des carburants. L’indice de l’énergie a augmenté de 2,3 % sur l’année, tandis que l’indice de l’électricité a grimpé de 6,7 % et celui du gaz naturel de 10,8 %. En revanche, l’indice de l’essence a diminué de 3,4 %.

Malgré une modération globale, l’analyse détaillée du rapport révèle que les tensions inflationnistes persistent. Les prix des loisirs ont augmenté de 1,2 % en un mois, ce qui constitue la plus forte hausse mensuelle enregistrée dans ce secteur depuis 1993. Les prix des soins de santé et des billets d’avion ont également augmenté. En parallèle, certains secteurs ont connu des baisses de prix, notamment les voitures d’occasion (-1,1 %) et les communications (-1,9 %). Les prix des véhicules neufs sont restés stables.

Ce rapport est le premier à être publié après huit semaines de fermeture partielle du gouvernement américain, qui a entravé la collecte de données. Les experts soulignent que ces perturbations pourraient rendre l’interprétation des chiffres plus difficile. Cependant, ils estiment que la tendance générale indique que l’inflation a atteint un pic.

Selon Pearce d’Oxford Economics, les hausses de prix liées aux droits de douane imposés par l’administration Trump ont en grande partie été absorbées, et une nouvelle désinflation des services est attendue en 2026, permettant d’atteindre l’objectif de 2 % d’ici la fin de l’année. Il ajoute que l’impact des droits de douane est visible sur certains produits, comme les vêtements, mais que la renonciation du président Trump à augmenter les droits de douane sur les articles ménagers a entraîné une baisse des prix dans ce secteur.

L’agence statistique collecte chaque mois des données auprès de 6 000 foyers et 22 000 points de vente dans 75 zones urbaines à travers le pays.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.