Publié le 3 décembre 2023. Après plus de trois décennies, la Chine réintroduit une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les contraceptifs, y compris les préservatifs, une décision qui intervient alors que le pays est confronté à une baisse inquiétante de son taux de natalité et cherche à encourager les naissances.
- La Chine va imposer une TVA de 13 % sur les contraceptifs, une mesure qui n’avait pas été appliquée depuis 1993.
- Cette décision s’accompagne d’incitations fiscales pour les parents, notamment une exonération de TVA pour les services de garde d’enfants et les établissements pour personnes âgées.
- Le coût élevé de l’éducation et l’évolution des mentalités sont des obstacles majeurs à l’augmentation du taux de natalité en Chine.
Pékin justifie cette mesure par la nécessité d’inverser la tendance démographique actuelle. Le taux de natalité chinois est en chute libre depuis trois ans, avec seulement 9,54 millions de naissances enregistrées en 2022, contre 18,8 millions il y a une dizaine d’années, avant l’abandon de la politique de l’enfant unique. La réintroduction de la TVA sur les contraceptifs, qui étaient exonérés depuis 1993, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encourager les couples à avoir plus d’enfants.
Outre cette mesure fiscale, le gouvernement chinois a mis en place une série d’aides aux familles, allant de prestations financières à l’amélioration des services de garde d’enfants et à l’extension des congés de maternité et de paternité. Des directives ont également été publiées pour limiter le nombre d’avortements non médicalement justifiés. Ces efforts témoignent de la prise de conscience des autorités face aux défis démographiques auxquels le pays est confronté.
Cependant, les tentatives de Pékin pour relancer le taux de natalité se heurtent à des obstacles importants. Selon un rapport publié en 2024 par le YuWa Population Research Institute, la Chine est l’un des pays les plus chers au monde pour élever un enfant. On estime qu’il faut dépenser plus de 538 000 yuans (environ 1,6 million de couronnes tchèques) pour élever un enfant jusqu’à l’âge de 18 ans, un coût que de nombreux jeunes adultes estiment prohibitif, surtout dans un contexte de ralentissement économique et d’instabilité du marché du travail. De plus, l’évolution des valeurs sociétales conduit de plus en plus de personnes à privilégier leur carrière et leur stabilité personnelle plutôt que de fonder une famille.
L’introduction de la TVA sur les contraceptifs intervient également à un moment où la Chine connaît une augmentation des cas de VIH, malgré une baisse de l’incidence de la maladie au niveau mondial. La majorité des nouvelles infections sont liées à des rapports sexuels non protégés. Selon le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, le nombre de cas signalés de VIH et de sida est passé de 0,37 à 8,41 pour 100 000 habitants entre 2002 et 2021.
Sur la plateforme chinoise Weibo, un internaute a ironisé à ce sujet :
« Si quelqu’un n’a pas les moyens d’acheter un préservatif, comment peut-il se permettre d’élever un enfant ? »

