Publié le 2024-10-27 14:30:00. Des anomalies génétiques se manifestent chez les papillons des environs de la centrale de Fukushima, plus de dix ans après l’accident nucléaire de 2011, suggérant des effets transgénérationnels des radiations sur la faune locale.
- Les papillons bleus des prés (Zizeeria maha) de la région de Fukushima présentent des ailes significativement plus petites que leurs congénères vivant plus au nord ou au sud du Japon.
- Des mutations et des anomalies de développement sont apparues rapidement chez ces papillons après l’accident, et se transmettent à leur descendance même en l’absence de symptômes visibles chez les parents.
- L’étude suggère que les radiations affectent non seulement directement les organismes, mais aussi indirectement via des modifications de leur alimentation et de l’écosystème.
Dès mai 2011, deux mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, une équipe de biologistes japonais a entamé une étude systématique des papillons bleus des prés, l’espèce la plus commune au Japon. La première comparaison des spécimens de Fukushima avec ceux d’autres régions a révélé une différence notable : les papillons de la zone contaminée avaient des ailes plus petites. Cette observation a rapidement suscité l’inquiétude des chercheurs.
L’évolution de la situation dans les mois qui ont suivi a confirmé ces craintes. Entre mai et septembre 2011, une accumulation rapide de mutations a été constatée chez les papillons bleus de Fukushima, et la proportion d’individus présentant des anomalies de développement a augmenté de manière significative. Il ne s’agissait pas d’un simple effet immédiat de l’exposition aux radiations.
L’aspect le plus préoccupant concerne les effets transgénérationnels. La première génération de descendants (F1) de papillons dont les parents avaient été exposés aux radiations a présenté des anomalies, et ce, même lorsque les parents eux-mêmes ne montraient aucun signe extérieur de contamination. Cela indique que les dommages génétiques peuvent être transmis de manière latente, sans se manifester immédiatement chez la génération précédente.
Parallèlement, les scientifiques ont exploré une autre piste : l’impact des radiations sur la plante hôte des chenilles, l’oxalis corniculé (Oxalis corniculata). Les résultats ont montré que les rayonnements peuvent affecter indirectement les organismes en modifiant leur source de nourriture et, plus largement, l’ensemble de l’écosystème. Cette étude souligne la complexité des conséquences à long terme de l’accident de Fukushima sur la biodiversité locale.
L’étude, qui documente les effets biologiques de l’accident nucléaire, met en lumière la sensibilité des insectes aux radiations et la nécessité d’une surveillance continue des écosystèmes affectés.
