Publié le 23 décembre 2025 à 17h41. Les utilisateurs de WhatsApp en Russie sont confrontés à des perturbations croissantes du service de messagerie, tandis que les autorités intensifient leur pression sur l’application et encouragent l’adoption d’alternatives nationales.
- WhatsApp subit des perturbations et des retards en Russie depuis hier, confirmés par le régulateur des télécommunications Roskomnadzor.
- Un groupe de 43 citoyens russes a intenté une action en justice contre Roskomnadzor.
- WhatsApp accuse Roskomnadzor d’intercepter les communications privées de plus de 100 millions de Russes.
Les perturbations du service WhatsApp en Russie s’intensifient, alors que le régulateur des télécommunications, Roskomnadzor, confirme avoir pris des mesures contre l’application. Depuis hier, les utilisateurs signalent des difficultés croissantes et des retards dans l’envoi et la réception de messages. Un groupe de 43 citoyens a décidé de contester ces actions en justice, selon le site d’information indépendant russe Meduza.
Roskomnadzor accuse WhatsApp de ne pas coopérer en matière de partage d’informations avec les forces de l’ordre dans les enquêtes sur la fraude et le terrorisme. Hier, le régulateur avait même menacé de bloquer complètement l’application si ses exigences n’étaient pas satisfaites.
WhatsApp réfute ces accusations et dénonce une atteinte à la vie privée de ses utilisateurs. L’entreprise affirme que Roskomnadzor intercepte les communications privées de plus de 100 millions de Russes.
« WhatsApp est profondément ancré dans chaque communauté du pays », a déclaré un porte-parole de WhatsApp à l’agence Reuters. « Nous sommes déterminés à nous battre pour nos utilisateurs, car forcer les gens à utiliser des applications moins sécurisées et mandatées par le gouvernement ne peut que conduire à une diminution de la sécurité des citoyens russes. »
Porte-parole de WhatsApp
Les autorités russes encouragent l’utilisation de l’application de messagerie nationale Max, mais malgré des campagnes de marketing importantes, son adoption reste limitée. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle accru sur l’internet russe, avec des blocages déjà en place sur d’autres plateformes comme Facebook, Snapchat et Roblox, ainsi que des perturbations sur YouTube.
Depuis l’été dernier, Roskomnadzor bloque la possibilité de passer des appels via WhatsApp et Telegram, invoquant des préoccupations liées à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme. Cependant, de nombreux Russes contournent ces blocages en utilisant un réseau privé virtuel (VPN). Selon une enquête récente de Meduza, plus de 90 % des personnes interrogées utilisent un VPN, la majorité optant pour une version payante. Un quart des lecteurs ont cité l’interdiction des appels via WhatsApp et Telegram comme le principal inconvénient.
Ces blocages et perturbations ne se limitent pas à la liberté d’expression et à la sécurité des communications. Ils affectent également les autorités elles-mêmes, qui utilisent fréquemment des applications comme Telegram pour communiquer avec les populations locales. Fin novembre, le gouverneur de la région de Belgorod, Gladkov, a signalé un blocage d’internet sur sa chaîne Telegram, expliquant que cela visait à renforcer la sécurité face aux attaques de drones. Il a toutefois reconnu que cela perturbait également les infrastructures de communication locales.
Gladkov utilise régulièrement sa chaîne Telegram pour diffuser des alertes et des informations sur les menaces potentielles, ainsi que pour informer la population lorsque le danger est passé. Il encourage désormais ses abonnés à le suivre sur Max.
