Publié le 2024-10-27 14:30:00. Une nouvelle étude danoise apporte un espoir significatif aux personnes souffrant d’obésité : le tissu adipeux, longtemps considéré comme irrémédiablement endommagé par le surpoids, est capable de se régénérer après une perte de poids importante, réduisant ainsi les risques pour la santé à long terme.
- Le tissu adipeux peut retrouver des caractéristiques similaires à celles observées chez les personnes minces après une perte de poids significative.
- Une diminution notable de l’inflammation et une amélioration de l’apport sanguin au niveau du tissu adipeux sont observées après une perte de poids de 20 à 45 %.
- Même une perte de poids modeste (5 à 10 %) peut stimuler la production de nouvelles cellules adipeuses plus saines.
Longtemps, l’obésité a été perçue comme laissant des séquelles durables sur l’organisme, notamment au niveau du tissu adipeux. On craignait que les dommages causés par l’inflammation chronique et le dysfonctionnement métabolique ne soient irréversibles. Cependant, des recherches récentes remettent en question cette vision pessimiste, suggérant une capacité de régénération insoupçonnée.
L’équipe de l’Université du Danemark du Sud a mené une étude approfondie sur le tissu adipeux de personnes obèses sévères, à trois étapes clés de leur parcours de perte de poids : avant la chirurgie de réduction d’estomac, après une perte initiale de 5 à 10 % grâce à un régime et de l’exercice, et deux ans après l’opération, avec une perte de poids globale de 20 à 45 %. Les chercheurs ont utilisé des techniques avancées pour analyser les cellules graisseuses, les cellules immunitaires et l’activité des gènes.
Les résultats se sont avérés particulièrement encourageants. Après deux ans de perte de poids significative, le tissu adipeux présentait des changements spectaculaires. Le nombre de cellules immunitaires, responsables de l’inflammation, avait considérablement diminué, revenant même aux niveaux observés chez les personnes minces. De plus, le nombre de vaisseaux sanguins dans le tissu adipeux avait augmenté, améliorant ainsi l’apport en oxygène et en nutriments.
« La grande question était de savoir si l’obésité laissait une sorte de cicatrice sur les tissus adipeux et si des risques pour la santé pouvaient persister même après une perte de poids importante. »
Anne Loft, chercheuse principale
L’activité des gènes dans presque tous les types de cellules s’était également normalisée, se rapprochant de celle d’un tissu adipeux sain. Ces changements suggèrent une amélioration de la sensibilité à l’insuline, un facteur clé dans la prévention du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires.
Intriguant, l’étude a également révélé des effets bénéfiques même après une perte de poids modeste de 5 à 10 %. Les chercheurs ont observé une augmentation du nombre de cellules précurseurs des cellules adipeuses, ainsi qu’une activité génétique accrue favorisant la production de nouvelles cellules adipeuses.
« Cela indique que même une perte de poids modeste peut produire de nouvelles cellules adipeuses plus saines, qui gèrent mieux le stockage des graisses et l’insuline. »
Susanne Mandrup, professeure
Ces découvertes remettent en question la notion de « mémoire de l’obésité », l’idée que les tissus adipeux gardent une trace durable des périodes de surpoids, même après une perte de poids.
« Après une perte de poids importante, le tissu adipeux ressemble largement à celui des personnes minces », explique Mandrup. « Cela suggère que la mémoire de l’obésité n’est pas aussi permanente qu’on l’a longtemps supposé. » Une perspective encourageante pour tous ceux qui luttent contre l’obésité et cherchent à améliorer leur santé.
Pour en savoir plus sur les liens entre alimentation et santé, vous pouvez consulter cet article sur l’impact d’une mauvaise alimentation sur le risque de cancer du foie ou cet autre sur la prise de poids hivernale liée à la consommation d’aliments gras. Vous trouverez également des informations sur l’augmentation du risque de cancer du côlon en cas d’hypertension artérielle et d’obésité.
Pour approfondir vos connaissances, écoutez le Balado scientifique :
