Publié le 28 décembre 2025 à 23h02. Des milliers de travailleurs indonésiens ont manifesté ce lundi à Jakarta pour contester l’augmentation du salaire minimum provincial (UMP) pour 2026, jugée trop faible face au coût de la vie dans la capitale.
- Les syndicats exigent une révision de l’UMP à 5,89 millions de roupies indonésiennes par mois (environ 360 €), en accord avec les études sur le coût de la vie décente.
- La Confédération des syndicats indonésiens (KSPI) et le Parti travailliste ont organisé une manifestation de deux jours devant le palais Merdeka, au centre de Jakarta.
- Le vice-gouverneur de Jakarta a invité les syndicats au dialogue, tout en soulignant que la décision concernant l’UMP a été prise par un conseil tripartite incluant gouvernement, employeurs et représentants des travailleurs.
La grogne sociale monte à Jakarta concernant le salaire minimum. Les manifestants estiment que l’augmentation de 5,7% prévue pour l’UMP en 2026, portant le salaire minimum à 5 729 876 IDR (environ 350 €), est insuffisante pour faire face à la hausse du coût de la vie, notamment en matière de logement.
Selon Said Iqbal, président de la KSPI, le montant proposé est même inférieur au salaire minimum pratiqué dans les zones périphériques de Jakarta, telles que Bekasi et Karawang, dans l’ouest de Java.
« Il n’a aucun sens que le coût de la vie à Jakarta soit inférieur à celui de la régence de Bekasi, de la ville de Bekasi et de la régence de Karawang »
Said Iqbal, président de la KSPI
La KSPI prévoit une participation croissante aux manifestations, avec environ 1 000 travailleurs le premier jour et jusqu’à 10 000 motocyclistes le 30 décembre. L’action se concentrera exclusivement sur le palais Merdeka, et non devant le Parlement.
Face à la mobilisation, le vice-gouverneur de Jakarta, Rano Karno, a appelé au dialogue. Il a rappelé que l’UMP est le fruit d’un consensus au sein du Conseil des salaires, composé de représentants du gouvernement régional, des employeurs et des travailleurs.
« L’UMP est une décision du Conseil des salaires. Le Conseil des salaires est composé de tripartites. Il y a le gouvernement régional, il y a les travailleurs et il y a les entrepreneurs »
Rano Karno, vice-gouverneur de Jakarta
Il a également souligné que les travailleurs ont le droit d’exprimer leurs revendications, que ce soit par la voie des manifestations ou par des recours juridiques.
Malgré l’invitation au dialogue, la KSPI a confirmé la poursuite de la manifestation. Said Iqbal a déclaré être ouvert à une discussion avec les autorités provinciales, mais sans pour autant renoncer à l’action de protestation. En outre, la KSPI envisage de saisir le tribunal administratif de l’État pour contester la décision relative à l’UMP 2026.
Le gouvernement provincial du DKI Jakarta a également mis en place des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs, notamment des subventions pour les transports en commun et les produits de première nécessité.
