Publié le 9 octobre 2025. Des chercheurs de l’Université d’Hawaï ont percé un mystère de longue date concernant le Soleil : la formation rapide de « pluies » de plasma dans sa couronne, un phénomène crucial pour comprendre et anticiper les tempêtes spatiales qui peuvent perturber nos technologies.
- La « pluie » solaire est constituée de plasma plus froid et dense retombant sur le Soleil.
- L’explication réside dans les variations de l’abondance d’éléments chimiques dans la couronne solaire.
- Cette découverte pourrait améliorer la précision des prévisions de météo spatiale.
Depuis des décennies, les scientifiques s’interrogent sur la formation rapide de ces pluies de plasma dans la couronne solaire, la région la plus externe de l’atmosphère du Soleil, où la température peut dépasser un million de degrés Celsius (1 000 000 °C). Contrairement à la pluie terrestre, qui est composée d’eau, cette « pluie » est constituée de plasma, un état de la matière où les atomes sont ionisés et interagissent par des forces magnétiques et électriques.
Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer ce phénomène, notamment des déséquilibres thermiques ou des instabilités, mais aucune ne parvenait à reproduire fidèlement les observations. Les simulations existantes ne montraient pas de pluie coronale, créant une divergence avec la réalité observée.
L’équipe de l’Institut d’astronomie (IfA) de l’Université d’Hawaï a finalement identifié un élément clé : les variations de l’abondance des éléments chimiques. Leurs recherches, publiées dans l’Astrophysical Journal le 1er octobre 2025, suggèrent que des changements dans la concentration d’éléments comme le fer, le magnésium et le silicium, qui ont une faible capacité à perdre des électrons (appelé potentiel de première ionisation), pourraient expliquer la formation rapide de ces pluies de plasma.
Ces éléments tendent à s’accumuler dans la couronne solaire par rapport à la surface du Soleil, tandis que d’autres, comme l’hélium et l’oxygène, restent relativement stables. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet de premier potentiel d’ionisation, permettrait de mieux modéliser le comportement du Soleil lors des éruptions.
« Cette découverte est importante car elle nous aide à comprendre comment fonctionne réellement le Soleil », a déclaré Jeffrey Reep, astronome à l’IfA. « Nous ne pouvons pas observer directement le processus de chauffage, nous utilisons donc le refroidissement comme indicateur. Cependant, si notre modèle ne prend pas correctement en compte l’abondance, le temps de refroidissement a probablement été surestimé. Nous devrons peut-être revenir aux bases du chauffage coronaire, il y a donc encore beaucoup de travail nouveau et intéressant à faire. »
Jeffrey Reep, astronome à l’IfA
Comprendre ces mécanismes est crucial car les éruptions solaires peuvent déclencher des tempêtes spatiales qui affectent les satellites, les réseaux électriques et les systèmes de communication sur Terre. En améliorant la modélisation du comportement solaire, les scientifiques espèrent affiner les prévisions de météo spatiale et anticiper ces perturbations.
Les futures missions spatiales, telles que Solar Orbiter de l’Agence spatiale européenne (ESA) et les futurs observatoires de la NASA, fourniront des données spectroscopiques de haute résolution qui permettront de tester ces nouvelles prédictions. En mesurant directement les variations d’abondance des éléments chimiques, les scientifiques pourront affiner leurs modèles et approfondir leur compréhension du chauffage coronaire, l’un des grands défis de la physique solaire.
Des études complémentaires devraient également explorer l’influence de ces variations d’abondance sur des phénomènes solaires à plus petite échelle, tels que les nanoflares et les microéruptions, ainsi que sur le vent solaire, qui façonne l’héliosphère et les conditions météorologiques spatiales dans tout le système solaire. The Watchers a également rapporté ces découvertes.
