Une nouvelle loi visant à limiter l’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents entre en vigueur en Virginie, tout en étant contestée devant les tribunaux par les géants du numérique. L’objectif : protéger les jeunes des effets potentiellement néfastes de ces plateformes, mais les entreprises concernées estiment que cette réglementation porte atteinte à la liberté d’expression.
À retenir
- À partir du 1er janvier, les adolescents de moins de 16 ans en Virginie devront obtenir l’autorisation parentale pour utiliser les réseaux sociaux plus d’une heure par jour.
- La loi, SB854, a été adoptée avec un soutien bipartisan malgré l’opposition des entreprises technologiques.
- Les plateformes de médias sociaux contestent la constitutionnalité de la loi devant un tribunal fédéral.
Contexte
Promulguée par le gouverneur Glenn Youngkin, la loi SB854 vise à encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Les promoteurs de cette législation s’appuient sur des préoccupations croissantes concernant l’impact de ces plateformes sur la santé mentale des jeunes. Le procureur général de Virginie, Jason Miyares, et 29 autres procureurs généraux soutiennent que cette loi constitue une réponse nécessaire à ce qu’ils qualifient de crise de santé publique.
Selon le sénateur Creigh Deeds, démocrate et partisan de la loi, « 70 % des personnes souffrant d’une maladie mentale voient l’apparition de leurs premiers symptômes entre 14 et 24 ans ». Il souligne la nécessité de protéger les jeunes face aux dangers potentiels d’Internet, tout en reconnaissant son potentiel positif.
Ce qui change
Dès le 1er janvier, les plateformes de médias sociaux sont tenues de mettre en place un système de vérification de l’âge et d’obtenir le consentement parental pour les utilisateurs de moins de 16 ans qui souhaitent passer plus d’une heure par jour sur ces réseaux. La loi s’applique à l’ensemble de l’État de Virginie et concerne des plateformes telles que Meta (Facebook et Instagram) et d’autres.
Jeff Schapiro, du UVA Center for Politics, estime que « ces restrictions, auxquelles Meta, Facebook et Instagram Meta ont résisté au Parlement, ont été massivement approuvées et signées par le gouverneur Youngkin, qui est également très préoccupé par ces distractions numériques ». Il ajoute que certains pourraient percevoir ces mesures comme une forme de surveillance excessive.
Prochaines étapes
Les plateformes de médias sociaux, regroupées au sein de l’organisation Choix net, ont déposé une requête auprès du tribunal de district américain d’Alexandrie pour obtenir une injonction bloquant l’application de la loi. Elles arguent que cette réglementation est inconstitutionnelle. Le tribunal devra se prononcer sur la validité de la loi et déterminer si les restrictions imposées aux enfants violent leurs droits.
Le procureur général Miyares, dans son opposition à l’injonction, a déclaré que bloquer la loi mettrait « les portefeuilles des plateformes » avant la protection des enfants. L’issue de cette bataille juridique déterminera si la Virginie pourra mettre en œuvre cette nouvelle réglementation.
Chiffres clés
| Pourcentage de jeunes touchés par des problèmes de santé mentale | 70 % |
Sources
SB854, loi de Virginie limitant l’utilisation des médias sociaux par les adolescents.
