Publié le 4 octobre 2025 à 20h38. L’entrée au Canada du groupe de hip-hop irlandais Kneecap est remise en question après des allégations formulées par un secrétaire parlementaire, suscitant une controverse politique et des interrogations sur la transparence des décisions gouvernementales.
- Un secrétaire parlementaire a annoncé publiquement que Kneecap ne serait pas autorisé à entrer au Canada, mais le groupe affirme n’avoir reçu aucune notification officielle.
- L’opposition conservatrice et le NPD demandent des explications au gouvernement et envisagent une enquête sur la conduite du secrétaire parlementaire.
- Une accusation de terrorisme portée au Royaume-Uni contre un membre du groupe a été rejetée par un tribunal londonien, ajoutant à la confusion.
La polémique autour de l’entrée au Canada du groupe de hip-hop irlandais Kneecap s’intensifie, alors que des questions se posent sur la validité d’une interdiction annoncée par le secrétaire parlementaire à la lutte contre la lutte, Vince Gasparro. Le 19 septembre 2025, M. Gasparro a déclaré sur les réseaux sociaux que les membres de Kneecap étaient «inadmissibles » au Canada, invoquant des «conseils » de fonctionnaires et un soutien présumé à des organisations terroristes telles que le Hezbollah et le Hamas.
Cependant, le groupe Kneecap affirme n’avoir jamais reçu de notification officielle concernant le refus de ses autorisations de voyage électroniques (eTA). Daniel Lambert, le manager du groupe, a déclaré à Global News le 29 septembre qu’«aucun avis sur quoi que ce soit » n’avait été reçu, hormis la publication de M. Gasparro. Tous les membres du groupe, citoyens irlandais, avaient initialement obtenu l’approbation de leurs eTA, l’Irlande et l’Irlande du Nord étant des pays exemptés de visa, mais nécessitant cette autorisation pour entrer au Canada.
L’annonce de M. Gasparro a rapidement suscité des réactions de la part de l’opposition. La chef adjointe conservatrice, Melissa Lantsman, a accusé M. Gasparro de ne pas savoir ce qui se passe au sein de son propre gouvernement ou d’avoir «clairement menti ». Elle a également exprimé son soutien à une enquête parlementaire sur les actions du gouvernement et de M. Gasparro. La députée du NPD Jenny Kwan a quant à elle qualifié M. Gasparro de «député libéral voyou » sur son compte Twitter et a envoyé une lettre à la ministre de l’Immigration, Lena Diab, exigeant des éclaircissements.
Le gouvernement canadien reste évasif sur la question. M. Gasparro a refusé de commenter davantage, renvoyant les questions à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Le ministère a, de son côté, refusé de commenter le cas spécifique de Kneecap, invoquant des raisons de confidentialité. Dans un communiqué, l’IRCC a indiqué que toute personne dont la demande de visa d’entrée est refusée peut soumettre une nouvelle demande une fois que les raisons du refus ont été traitées.
L’affaire a pris une nouvelle tournure le 26 septembre lorsqu’un tribunal de Londres a rejeté l’accusation de terrorisme portée contre Liam Óg Ó Hannaidh, un membre de Kneecap, pour avoir brandi un drapeau du Hezbollah lors d’un concert en 2024. Le tribunal a estimé que les procureurs avaient dépassé le délai légal pour porter l’accusation d’une journée. M. Ó Hannaidh a affirmé que l’accusation était motivée politiquement et visait à faire taire le soutien du groupe à la cause palestinienne. Kneecap a également déclaré qu’elle ne soutenait pas le Hezbollah ou le Hamas et ne tolérerait aucune forme de violence.
Le Premier ministre de l’Irlande du Nord, Michelle O’Neill, a salué le rejet de l’accusation. Il n’est pas clair si la question a été abordée lors de la récente visite du Taoiseach irlandais, Micheál Martin, au Canada pour rencontrer le Premier ministre canadien.
Global News a contacté le ministère irlandais des Affaires étrangères et le bureau exécutif d’Irlande du Nord pour obtenir des commentaires sur l’affaire, mais n’a pas reçu de réponse immédiate.

