Minneapolis, Minnesota, a été le théâtre de nouvelles tensions mercredi soir, après qu’un agent fédéral a ouvert le feu sur un ressortissant vénézuélien. L’incident, survenu dans le contexte d’opérations policières renforcées ciblant l’immigration, a déclenché des manifestations et ravivé les critiques à l’égard des tactiques employées par les forces de l’ordre.
Selon le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), les faits se sont déroulés vers 18h50 (0h50 GMT jeudi). Des agents fédéraux tentaient d’appréhender un homme vénézuélien, entré illégalement sur le territoire américain en 2022, selon les autorités. L’homme aurait d’abord tenté de fuir en percutant une voiture garée avec son véhicule, puis en s’enfuyant à pied.
L’altercation a dégénéré lorsque l’agent a rattrapé le suspect, qui aurait alors résisté et agressé violemment l’officier. Au moment de la lutte, deux individus sont sortis d’un immeuble voisin et ont commencé à frapper l’agent avec une pelle à neige et un manche à balai. « Craignant pour sa vie et sa sécurité alors qu’il était pris en embuscade par trois individus, l’officier a tiré un coup de feu défensif pour défendre sa vie », a déclaré le DHS dans un communiqué. Le suspect a été touché à la jambe.
L’immigré et les deux agresseurs se sont ensuite réfugiés dans l’appartement, où ils se sont barricadés. L’agent blessé et le suspect ont été transportés à l’hôpital. Les deux autres personnes impliquées dans l’agression sont en garde à vue.
Cet incident intervient une semaine seulement après la mort de Renée Nicole Good, abattue par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Minneapolis le 7 janvier. Good, 37 ans, participait à une surveillance juridique d’une opération d’immigration lorsque les faits se sont produits. Les observateurs juridiques sont des bénévoles qui documentent les interactions entre la police et les manifestants.
Sa mort a suscité l’indignation et des manifestations, tant au Minnesota que dans d’autres États. Le conseil municipal de Minneapolis a déclaré dans un communiqué : « Renee était une résidente de notre ville qui s’occupait de ses voisins ce matin et sa vie a été ôtée aujourd’hui par le gouvernement fédéral. Quiconque tue quelqu’un dans notre ville mérite d’être arrêté, enquêté et poursuivi dans toute la rigueur de la loi. »
L’administration Trump a défendu l’action de l’agent ICE, affirmant que Good avait délibérément percuté l’agent avec son véhicule. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a qualifié les actes de Good de « terrorisme intérieur ». Les autorités du Minnesota ont contesté cette version des faits, présentant des vidéos montrant Good tentant de partir et l’agent ouvrant le feu alors qu’il se trouvait devant son SUV.
Réagissant à la fusillade de mercredi, l’ancien président Trump a déclaré à Reuters : « Je ne parle pas du bien ou du mal. Je sais que c’était une situation difficile à vivre. Il y a eu très peu de respect envers la police, dans ce cas, les agents de l’ICE. »
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a exprimé son indignation sur X (anciennement Twitter) : « Je sais que vous êtes en colère. Je suis en colère. Ce que veut Donald Trump, c’est la violence dans les rues. Mais le Minnesota restera un îlot de décence, de justice, de communauté et de paix. Ne lui donnez pas ce qu’il veut. »
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a également dénoncé la situation, soulignant l’importance de ne pas céder au chaos. Il a rappelé que la ville comptait 600 policiers locaux, auxquels s’ajoutent les 3 000 agents fédéraux déployés par l’administration Trump.
L’opération Metro Surge, lancée par le DHS en décembre, vise à cibler les criminels et les immigrants sans papiers à Minneapolis. L’ICE a annoncé son intention de déployer 2 000 agents supplémentaires dans la ville. L’État du Minnesota a intenté une action en justice contre l’administration Trump, dénonçant une « invasion fédérale » inconstitutionnelle.
Selon le Migration Policy Institute, le Minnesota compte environ 100 000 immigrants sans papiers sur une population totale de plus de 5 millions d’habitants. En 2023, environ 770 000 immigrants vénézuéliens vivaient aux États-Unis, représentant un peu moins de 2 % de la population étrangère du pays. Près de 486 000 d’entre eux étaient en situation irrégulière.
