Publié le 16 mai 2024. La juge du contrôle des garanties de Cúcuta, Vivian Polanía, a été retrouvée morte à son domicile, sans signe apparent de violence. L’affaire relance le débat sur les pressions subies par la magistrature colombienne, alors que la juge était déjà connue pour des comportements controversés.
- La juge Vivian Polanía a été retrouvée décédée à son domicile, en compagnie de son bébé de deux mois.
- L’enquête initiale ne révèle aucun signe de violence, et l’accès au domicile n’a pas été forcé.
- Vivian Polanía était sous le feu des critiques pour des apparitions publiques et des comportements jugés inappropriés, ayant fait l’objet d’une enquête disciplinaire.
La nouvelle de la mort de Vivian Polanía a secoué la communauté judiciaire colombienne. Les autorités ont immédiatement ouvert une enquête pour déterminer les causes du décès, tout en soulignant l’absence apparente de violence. Le parquet a précisé que le corps de la juge avait été découvert avec son enfant de deux mois, et que des mesures de protection avaient été mises en place pour assurer le bien-être de ce dernier. L’Institut colombien de protection de la famille a dépêché une équipe sur place pour s’assurer que les droits de l’enfant soient respectés.
Vivian Polanía avait régulièrement fait la une des médias ces derniers mois, non pas pour ses décisions judiciaires, mais pour son comportement. Des vidéos la montrant fumant ou se relaxant dans son lit pendant des audiences virtuelles avaient circulé largement, suscitant l’indignation et entraînant l’ouverture d’une enquête disciplinaire à son encontre. En septembre 2023, elle avait également créé la polémique en organisant un spectacle de strip-tease dans les locaux du palais de justice de Cúcuta, dans le département de Norte de Santander.
Malgré ces controverses, Vivian Polanía avait été acquittée en février 2024 par la Commission nationale de discipline judiciaire dans le cadre d’une enquête en cours. Cette décision faisait suite à un incident survenu lors d’une audience où la juge avait interrompu un procureur pour lui demander d’expliciter les circonstances de l’arrestation de deux suspects. Elle avait insisté pour obtenir des détails précis sur l’heure, le lieu et les modalités de la capture.
Suite à cette intervention, la juge avait déclaré illégale l’arrestation des accusés. Le procureur avait alors fait appel de cette décision, ce qui avait conduit à une nouvelle audience consacrée à l’imposition de mesures de sécurité. Lors de cette seconde procédure, Vivian Polanía avait de nouveau interrogé de manière répétée le représentant du parquet, lui reprochant un manque de clarté dans ses explications. Le procureur avait affirmé que la juge avait tenu des propos « imprudents et désobligeants » qui avaient porté atteinte à sa dignité et l’avaient émotionnellement affecté. Il avait cité des phrases telles que : « Vous êtes plus perdu que confus », « Cela commence à me faire rire », « Je ne sais pas si c’est un manque d’expérience, c’est votre dernière chance » et « Mon Dieu, que vais-je faire de vous ? »
Les autorités continuent d’enquêter sur les circonstances du décès de Vivian Polanía, tout en confirmant l’absence de signes de violence et l’intégrité des lieux. L’enquête se concentre désormais sur la recherche d’éléments susceptibles d’éclairer les causes de cette mort soudaine.
