Publié le 11 janvier 2026 19h00. Un nouveau médicament de la famille des GLP-1, similaire à l’Ozempic, sera bientôt remboursé par l’État australien, offrant un accès plus abordable aux personnes souffrant d’obésité sévère et de maladies cardiovasculaires, mais suscitant des inquiétudes quant au coût pour les contribuables.
- Le Wegovy, un médicament amaigrissant, sera accessible via le Programme national de prestations pharmaceutiques (PBS) aux patients atteints de maladies cardiovasculaires avérées et ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 35 ou plus.
- Plus de 400 000 Australiens dépensent actuellement entre 4 000 et 5 000 dollars australiens (environ 2 600 à 3 300 euros) par an pour ces médicaments, un coût prohibitif pour beaucoup.
- Le gouvernement australien reconnaît que cette mesure impliquera une dépense importante pour les finances publiques, sans pour l’instant pouvoir chiffrer précisément le montant.
L’annonce du ministre de la Santé, Mark Butler, intervient après la recommandation favorable du Comité consultatif sur les avantages pharmaceutiques (PBAC) à la fin de l’année dernière. Le Wegovy, comme l’Ozempic, agit en supprimant l’appétit, favorisant ainsi la perte de poids. Les GLP-1 (peptides de type glucagon-1) sont initialement développés pour traiter le diabète de type 2, mais leur efficacité dans la gestion de l’obésité a été reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon les données de 2022, 13 % des adultes australiens sont atteints d’obésité sévère, définie par un IMC de 35 ou plus. L’accès à ce traitement, une fois remboursé, permettra de réduire considérablement les dépenses pour les patients éligibles, qui bénéficieront des tarifs préférentiels du PBS : 25 dollars australiens (environ 16 euros) par ordonnance, et 7,70 dollars australiens (environ 5 euros) pour les bénéficiaires d’une aide sociale.
Mark Butler a souligné l’importance de l’équité dans l’accès aux soins de santé :
« Pour nous, ce n’est pas seulement une question de santé, c’est aussi une question d’équité. »
Mark Butler, ministre de la Santé
Cependant, le ministre a également averti que le remboursement de ce médicament engendrera une « très grosse facture pour les contribuables ». Son cabinet n’a pas communiqué de chiffres précis, indiquant que le coût exact sera évalué lors des négociations avec le fabricant, Novo Nordisk. Le PBAC a d’ailleurs souligné le risque que des personnes ne répondant pas aux critères d’éligibilité tentent d’accéder au remboursement, et a préconisé un accord de partage des risques avec l’entreprise.
Le Dr Mark Mellor, de la Perth Weight Clinic, a expliqué que les critères d’éligibilité étaient délibérément stricts afin de maîtriser les coûts. Il a toutefois insisté sur les bénéfices potentiels du médicament pour les personnes concernées, non seulement en termes de perte de poids, mais aussi en matière de prévention des maladies cardiovasculaires et de réduction de la mortalité :
« Il est logique que nous devions traiter ces personnes s’ils souhaitent bénéficier de ce traitement. »
Dr Mark Mellor, clinicien principal à la Perth Weight Clinic
Parallèlement à l’approbation de l’OMS en faveur de ces médicaments pour le traitement à long terme de l’obésité , l’autorité australienne de réglementation des médicaments, la Therapeutic Goods Administration, a émis un avertissement concernant le risque potentiel de pensées suicidaires .
