La Ville de Berne a présenté ses excuses à une femme trans expulsée par la police d’une zone naturiste réservée aux femmes à la piscine de Marzili le dimanche 28 juin 2025. L’administration a admis que l’évacuation était une erreur, confirmant que la personne respectait le règlement d’accès basé sur le genre officiel.
L’intervention policière et les accusations de violence
L’incident s’est produit peu avant 17h30. Selon 20 Minuten, la police a été contactée après que plusieurs baigneuses se sont plaintes de la présence d’une femme trans dans l’espace naturiste réservé aux femmes. Malgré les demandes du personnel de la piscine, la personne a refusé de quitter les lieux.
Le déploiement des forces de l’ordre a rapidement dégénéré. Une proche de la victime, présente lors des faits, décrit une scène brutale où six policiers auraient plaqué la femme au sol avant de la menotter et de l’évacuer. Cette même source affirme que l’intervention a laissé plusieurs hématomes importants sur la personne.
La police rapporte toutefois que l’intervention a été perturbée par plusieurs personnes venues exprimer leur solidarité, ce qui a entraîné la blessure légère d’une policière. La femme trans a été conduite au poste pour un contrôle avant d’être relâchée.
Le règlement d’accès et l’erreur de la Ville de Berne
Photo: Le Salon Beige
L’administration municipale a réagi par un communiqué officiel pour rectifier la situation. Le Salon Beige précise que la ville a reconnu que la décision d’expulser la baigneuse était erronée. La Direction de l’éducation, des affaires sociales et des sports a exprimé ses regrets et a présenté ses excuses.
Le litige repose sur une mauvaise interprétation des règles d’accès. Le règlement en vigueur stipule que toutes les personnes s’identifiant comme des femmes et vivant comme telles ont accès à l’espace nudiste facultatif, appelé Paradiesli.
Pour lever tout doute, la ville applique un critère administratif strict :
Le sexe enregistré officiellement sur la carte d’identité fait foi.
L’accès est garanti aux femmes trans dont le document d’identité est conforme.
La personne concernée respectait donc intégralement le règlement d’accès.
La Ville de Berne a justifié cette erreur par une mauvaise appréciation de la situation, causée par une tension croissante sur place. Elle a également mentionné que certaines caractéristiques physiques avaient conduit d’autres baigneuses à ne pas percevoir la personne comme une femme.
Réactions des associations et demandes de formation
Police operation at Marzili: Trans woman removed from women's area! 🚨 City of Bern apologizes
L’événement a suscité une vague d’indignation, particulièrement en raison de son timing. Plusieurs organisations, dont le Transgender Network Switzerland (TGNS), la Lesbenorganisation Schweiz (LOS) et Pink Cross, ont qualifié l’intervention de honteuse, soulignant qu’elle s’est produite en pleine saison de la Pride.
Ces associations ne se contentent pas d’une excuse officielle. Elles exigent désormais un renforcement concret des compétences du personnel. Leurs revendications portent sur :
Une formation accrue pour le personnel des piscines municipales.
Une sensibilisation accrue des forces de l’ordre pour éviter la répétition de tels incidents.
Pour répondre à l’incident, le service des sports de la ville a annoncé qu’il communiquerait plus clairement les règles d’accès à l’avenir afin d’éviter toute confusion entre le personnel, les usagers et la police.
Analyse : Un conflit entre perception et identité administrative
Cet incident met en lumière la tension persistante entre la perception physique des usagers et les directives administratives de la ville. Alors que la Ville de Berne s’appuie sur le genre légal pour garantir l’accès, la réaction immédiate des baigneuses et la réponse policière montrent que la réalité du terrain reste régie par des critères d’apparence.
L’échec ici n’est pas seulement administratif, mais opérationnel. L’utilisation de la force — six policiers pour une personne dans un espace de loisirs — suggère une escalade rapide où la gestion de la foule et la réaction aux plaintes des usagers ont pris le pas sur la vérification des droits d’accès.
La reconnaissance publique de l’erreur par la municipalité est un signal fort, mais la demande de formation des associations souligne que les directives écrites ne suffisent pas si elles ne sont pas comprises et appliquées par ceux qui gèrent les accès et maintiennent l’ordre public.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.