Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, lancé le 30 août 2026, a activé avec succès son imageur infrarouge de 300 mégapixels. Grâce à une première correction de trajectoire extrêmement précise, la mission pourrait disposer de réserves de carburant suffisantes pour prolonger ses opérations scientifiques jusqu’à au moins 22 ans.
Le voyage du télescope spatial Nancy Grace Roman vers le point de Lagrange 2, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, a franchi une étape technique majeure. L’équipe de la mission a procédé à l’activation de son instrument principal, la Wide Field Instrument, tout en vérifiant le bon fonctionnement du coronographe, un imageur de planètes conçu pour masquer l’éblouissement des étoiles.
Ces opérations de mise en service interviennent alors que le télescope poursuit sa croisière spatiale. L’observatoire, assemblé en novembre 2025 et lancé le 30 août 2026 à bord d’une fusée SpaceX Falcon Heavy, a déjà capturé une première image d’essai floue des étoiles, confirmant que ses systèmes optiques et ses détecteurs réagissent correctement à la lumière dans l’espace.
L’activation de la caméra infrarouge de 300 mégapixels
Avant de pouvoir capter ces premiers éclats stellaires, l’instrument à grand champ a nécessité une préparation minutieuse. Les ingénieurs ont accordé dix jours aux dix-huit détecteurs infrarouges de la caméra pour sécher et se décontaminer, les maintenant à une température relativement douce de moins 85 degrés Fahrenheit, soit moins 65 degrés Celsius.

Le 11 septembre, le chauffage de l’instrument a été coupé pour permettre un refroidissement progressif jusqu’à moins 225 Fahrenheit, autorisant l’activation des détecteurs dont la surface sensible équivaut à l’écran d’un ordinateur portable. L’équipe a ensuite mis en marche le système d’étalonnage, testé la roue à éléments — un mécanisme complexe de filtres et de prismes en l’absence de pesanteur — et vérifié le bon fonctionnement du mécanisme de focalisation.

Après des années d’efforts pour construire et tester l’instrument au sol, nous avons enfin la confirmation qu’il est opérationnel dans l’espace. C’est une étape immense pour l’équipe de Goddard, nos équipes industrielles de BAE Systems, Inc. et Teledyne, et nos centres scientifiques. Josh Schlieder, scientifique responsable de la Wide Field Instrument au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland
Pendant ces manœuvres, les détecteurs ont poursuivi leur descente thermique vers leur température de fonctionnement finale d’environ moins 300 degrés Fahrenheit, soit moins 183 degrés Celsius. Parallèlement, les équipes du Coronagraph Commanding Center de Caltech/IPAC, en Californie, ont validé la communication avec l’ensemble des composants du coronographe, confirmant le contrôle des masques et des miroirs déformables destinés à observer directement les exoplanètes en orbite autour d’autres étoiles.
Une précision de manœuvre qui multiplie par deux l’horizon de carburant
Au-delà de ses performances optiques, la mission bénéficie d’une situation favorable concernant ses réserves de propulsion. Les ingénieurs avaient initialement budgété 200 kilogrammes de carburant pour la première correction de trajectoire, une marge de sécurité destinée à absorber les incertitudes liées au lancement et aux performances du lanceur.

La correction effectuée le 31 août n’a finalement consommé que 18 kilogrammes, soit environ 40 livres, atteignant sa cible avec une exactitude supérieure à 99 pour cent. En combinant cette économie initiale, une masse au lancement nettement inférieure aux prévisions — le télescope affichant 8 056 kilogrammes sur la balance face à un plafond de 9 800 kilogrammes — et les optimisations attendues pour les futures manœuvres, la NASA estime que la durée de vie potentielle de l’observatoire pourrait atteindre au moins 22 ans, surpassant largement le plan initial de dix ans.
L’implication des universités et le calendrier vers les premières images
Des chercheurs et des étudiants de l’Université d’État de l’Ohio, par exemple, ont fait le voyage jusqu’en Floride pour assister au décollage, concrétisant plus d’une décennie de travail de conception scientifique et d’ingénierie des données.
La phase de commissionnement se poursuit avec l’alignement progressif des optiques et l’activation du système de guidage. Si les vérifications se déroulent comme prévu, la NASA prévoit de diffuser les premières images scientifiques officielles du télescope Roman d’ici le début de l’année 2027.