Publié le 2024-10-27 14:53:00. Les fractures osseuses représentent un problème de santé publique grandissant au Brésil, avec des disparités significatives selon le sexe, l’âge et la région géographique, selon une étude récente. L’analyse des hospitalisations et de la mortalité entre 2015 et 2024 révèle des tendances alarmantes et souligne la nécessité d’adapter les stratégies de prévention et de soins.
- Les fractures des membres sont les plus fréquentes, mais les fractures du fémur sont associées au taux de mortalité le plus élevé.
- Les hommes sont hospitalisés pour fractures presque deux fois plus souvent que les femmes, principalement en raison de traumatismes liés à des activités à risque.
- Des inégalités géographiques et ethniques importantes sont observées, avec une incidence plus élevée dans le Nord et le Nord-Est du pays, et parmi les populations brunes et autochtones.
Une étude épidémiologique menée par des chercheurs brésiliens a analysé les données des systèmes d’information hospitaliers (SIH/SUS) et de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) pour dresser un portrait précis de l’évolution des fractures osseuses au Brésil entre 2015 et 2024. L’objectif était de comprendre les tendances temporelles, les différences entre les groupes démographiques et les variations géographiques afin d’optimiser la prévention, l’allocation des ressources et la planification des soins de traumatologie.
Les résultats de l’étude indiquent une augmentation constante des hospitalisations liées aux fractures au cours de la période étudiée. Si les fractures des membres constituent la majorité des cas, les fractures du fémur se distinguent par leur taux de mortalité particulièrement élevé. Une différence notable est également observée entre les sexes : les hommes présentent un taux d’hospitalisation presque deux fois supérieur à celui des femmes, principalement en raison de traumatismes à haute énergie survenant chez les adultes âgés de 20 à 59 ans. À l’inverse, les femmes connaissent une augmentation significative des admissions pour fracture du fémur à un âge plus avancé, probablement liée à l’ostéoporose.
L’étude met en évidence l’impact disproportionné de certaines fractures sur la mortalité prématurée. Les fractures du crâne, du visage et du thorax/bassin contribuent de manière significative au nombre de décès évitables. Par ailleurs, des disparités géographiques et ethniques marquées ont été identifiées. Les régions du Nord et du Nord-Est du Brésil présentent une charge plus élevée de fractures, tandis que les populations brunes et autochtones sont plus susceptibles d’être touchées. Ces inégalités pourraient être liées à des facteurs socio-économiques, à l’accès aux soins de santé et à des conditions de vie plus précaires.
Les chercheurs ont calculé des indicateurs clés tels que les taux d’hospitalisation, les taux de létalité (CFR), les risques relatifs, les rapports de cotes et les années de vie perdues (YLL) pour quantifier l’impact des fractures osseuses sur la santé publique. Les tendances temporelles ont été évaluées à l’aide du changement annuel en pourcentage (APC). Ces données permettent de mieux cibler les interventions de prévention et d’améliorer les stratégies de soins en traumatologie.
Cette étude a été financée par le Conseil national pour le développement scientifique et technologique (CNPq) et le ministère brésilien de la Santé à travers l’appel DECIT/SECTICS/MS/CNPq (Processus n° 445067/2023-3), par le Programa Jovem Cientista do Nosso Estado (Processus n° E-26/201.403/2022) et par le Programme national brésilien de génomique et de génomes de santé de précision (DECIT/SECTICS/MS/CNPq ; processus n° 444206/2023-0).
Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Les données utilisées dans l’étude sont déjà anonymisées au niveau de la source de la base de données elle-même. Tous les consentements nécessaires des patients/participants ont été obtenus et les formulaires institutionnels appropriés ont été archivés. Tous les essais cliniques et toute autre étude interventionnelle prospective ont été enregistrés auprès d’un registre approuvé par l’ICMJE, tel que ClinicalTrials.gov.
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