Le Venezuela a annoncé un déploiement militaire d’envergure en réponse à la présence accrue de la marine américaine au large de ses côtes, exacerbant les tensions dans la région. Caracas craint une escalade et accuse Washington de préparer un renversement du gouvernement de Nicolás Maduro, tandis que les États-Unis justifient leur présence par la lutte contre le trafic de drogue.
L’envoi du porte-avions américain USS Gerald R. Ford, le plus grand du monde, dans les eaux relevant du Commandement des forces navales américaines du Sud (qui couvre l’Amérique latine et les Caraïbes) a déclenché cette réaction. Décidé il y a près de trois semaines, ce déploiement s’inscrit dans la stratégie américaine de lutte contre le trafic de stupéfiants.
Selon le Pentagone, cette présence renforcée permettra d’améliorer la surveillance et de bloquer les activités illicites considérées comme une menace pour la sécurité des États-Unis et de l’hémisphère occidental. Parallèlement, l’administration Trump poursuit son offensive antidrogue dans la région, interceptant des navires et des avions, et déployant des chasseurs F-35 basés à Porto Rico.
Le président vénézuélien, dont la réélection est contestée par Washington et de nombreux pays, a accusé les États-Unis de vouloir « fabriquer une guerre ». Donald Trump a nié toute intention de conflit, mais a affirmé que « les jours de Maduro sont comptés ».
Depuis le début du mois de septembre, les forces américaines ont intercepté au moins 20 embarcations en eaux internationales, entraînant la mort de 76 personnes, selon les données américaines. Washington a informé le Congrès qu’il était engagé dans un « conflit armé » contre les cartels de drogue, qualifiés de groupes terroristes, sans toutefois fournir de preuves de l’implication des navires interceptés dans le trafic de drogue. Des experts des droits de l’homme évoquent de possibles exécutions extrajudiciaires.
En réponse, le Venezuela a annoncé un « déploiement massif » de ses forces terrestres, maritimes, aériennes, fluviales et de missiles, ainsi que de ses milices civiles. Le ministère vénézuélien de la Défense a diffusé des images de chefs militaires prononçant des discours dans plusieurs États, diffusées par la télévision d’État VTV. Bien que ces annonces gouvernementales soient fréquentes au Venezuela, elles ne se traduisent pas toujours par des déploiements militaires visibles sur le terrain.